

YANN GABOREAU
Acte 3
(Henriette est seule sur scène en train de finir d'arranger ses gerbes de fleurs)
Henriette : Voilà voilà !.... Rien de tel que la rosée du matin pour cueillir les fleurs et en faire de belles gerbes. Mr le curé va être sûrement content de ce beau travail. Là là là....
Cyril (En voix off) : Henriette ! (Il entre sur scène depuis le côté jardin, habillé en paysan.) Henriette.
Henriette : Et bien quoi encore ?
Cyril : Le curé n'est pas encore arrivé ?
Henriette : Et bien non, tu vois bien.
Cyril : J'espère qu'il va venir avant les parigos sinon ils risquent de trouver cela louche.
Henriette : Et puis cette idée que vous avez eu ton frêre et toi de demander l'aide d'un prête. Un homme si respectable et si charitable, un homme d'église quoi. Vous le poussez à mentir.
Cyril : Oh il l'a fait de bon coeur. Et comme tu le dis, il est si charitable... tellement charitable que c'était certain qu'il nous viendrait en aide.
Henriette : Oui mais jusqu'à quand ? Et si les parigos découvrent le pot aux roses, comment f'eras tu pour leur expliquer. Tu sais ce que Mr le curé dit souvent lors de ses messes : tel est pris qui croyait prendre.
Cyril : Oh moi tu sais, le vin de messe je le bois au bistrot.
Mr Baricot (Entrant sur scène par le porche) : Bonjour chers amis. Je ne suis pas en retard. J'espère qu'il ne sont pas encore arrivé.
Cyril : Non !
Henriette : Je n'arrive pas à croire que vous faites cela Mr le curé.
Mr Baricot : J'aide les gens dans le besoin.
Henriette : Vous les aidés les gens dans le mensonge plutôt. Et dire que vous vous apprêtez à communier les enfants du village. Tiens à ce propos, voici les fleurs que vous m'avez demandé pour l'évènement.
Mr Baricot : Très bien ! J'ai vu hier soir deux communiants : Nicolas et Antonin. Ils viendront les chercher dans la matinée pour les diposées à l'église avec leur cathéchèse.
(Henriette sort côté jardin et croise Bernard.)
Bernard : Et bien ! On dirait qu'elle est furieuse !
Cyril : Elle a du mal à accepter la situation. Bon passons !
(Daniel entre sur scène par le porche, habillé en paysan.)
Daniel : Bonjour vous tous ! Comment allez vous ?
Bernard : Très bien ! On s'aprrêtait à aller travailler avec Mr Baricot. Mais tu es tout seul ?
Daniel : Manuella est en train de stationner la voiture. Ca lui fait plaisir lorsque je lui laisse le volant. Et puis comme ici il n'y a pas beaucoup de circulation, même une femme blonde peut y conduire.
Bernard : Ah ! Je vois que tu as toujours le mot pour rire. Ah ah ah ! (Il essais d'entrainer Cyril dans son rire.) (A Cyril) Eh c'est mon patron !
Cyril : Ah oui pardon ! Ah ah ah ah !... Il est vrai que certaine femme ne sont pas assez inteligente pour comprendre ce genre de voiture trop sofistiquée.
Daniel (Vexé) : Pardon !
Bernard (A Cyril) : Eh bien vas y ! Insulte la d'idiote pendant que tu y es.
Cyril (à Bernard) : Eh bien, la mienne se perd dans toute les manettes qu'il y a sur un tracteur alors...
Daniel : Mais qu'est ce que vous marmonez tout les deux ?
Bernard : Euh !... Mon frêre me demandait si vous aviez eu le temps de manger ?
Daniel : Oui je t'en remercie, mais n'est ce pas à Mr et Mme Baricot de nous proposer...
Mr Baricot : Cela ne me gène pas qu'il vous le propose à notre place. Le seigneur nous a donner le blé pour faire le pain, et nouss paysans, nous aimons honnêtement le partager avec les gens des villes. De toute façon après la traite, j'ai l'habitude de casser la croûte et j'entend bien que nous partagions ensemble ce moment.
Daniel : Merci beaucoup Mr Baricot, c'est gentil à vous.
Mr Baricot : De rien, c'est tout naturel ! Bon, ne voyez pas d'inconvénient mais la traite n'attend pas.
Daniel : Eh bien allons y alors ! (Ils sortent tout les trois côté cour).
Manuella (entrant sur scène et marchant en crabe dans ses bottes) : Ah ! Les bottes en cuirs sont vraiment plus confortable et solide que ces bottes en caoutchou. Je sais pas encore dans quelle galère on s'est mis, mais alors... Eh bien ! Où sont t'ils ? Ah je suis prêt à parier qu'ils sont déjà en train de travailler. Ils auraient pu m'attendre quand même. (Elle remarque les fleurs posées sur la table.) Tiens ! Ils ont oublié ce paquet d'herbes. Ah mais je comprend maintenant pourquoi Mr Baricot disait hier soir que l'herbe servait à fleurir les intestins de ses animaux. Allons ! (Elle prend les fleurs.) Je vais moi même aller appâturer ces animaux. (Elle sort côté cour en disant) Petit petit petit....
Henriette (entrant côté jardin ) : Bon ! Je vais maintenant envelopper les fleurs... Mais.... Où sont elles passées. Je les avaient bien mises là.
Daniel (Entrant sur scène) : Ah ! Mme Henriette ! Votre mari m'envoi chercher un seau pour traire une chèvre qui est seule dans l'étable.
Henriette (indiquant un seau à côté de la table d'extérieur) : Tenez prenez celui là ! Il suffira bien pour le lait de cette chèvre. Elle est malade et avec toute les piqures que nous lui faisons, son lait n'est plus bon pour le moment..
Daniel (Prenant le seau) : Je comprend ! Par contre il ne m'a pas indiqué la chèvre. Deux sont attachées et il m'a dit que je ne devais en traire qu'une.
Henriette : C'est vous qui vous en occupez ?
Daniel : J'ai insisté Madame Henriette !
Henriette : Ah !... Ah ah ah !.... Intéressant ! Et bien c'est celle qui a des cornes. Méfiez vous, elle bouge un peu, mais c'est normal. Après elle se laisse faire.
Daniel : Merci beaucoup de votre aide Madame Henriette, cela est bien aimable de votre part. (Il sort côté cour)
Henriette : Voilà qui est amusant et qui va me servir de vengeance. Enfin bref ! Où en était je ! Ah oui ! Mes fleurs ! Peut être les ai je mises dans la maison finalement. Avec tout ce remue ménage, j'en perd la tête moi. (Elle sort côté jardin).
Manuella (Entrant sur scène par le côté cour, avec des oeufs à la mains) : Et bien dites donc, même les poules sont mal logées ici. J'ai trouvé ces pierres dans leurs nids. Vraiment ! Pauvres bêtes, elles doivent être dérangées pour dormir. (Elle lance les oeufs par le porche.) Allez hop ! Débarrassé ! Je vais en faire du ménage moi dans cette basse cour. (Elle sort côté cour)
(Le sceau que Daniel a pris revient en roulant depuis le côté cour. Daniel le suit.)
Daniel : Patience et témérité sont de mise. Elle ne me connaît pas cette chèvre mais elle va bien finir par s'habituer à moi. Les prochains jours, ce sera plus facil. (Il ramasse le sceau et repart côté cour.)
Cyril (revenant depuis le côté cour) : Je vais profiter de ce petit moment où tout le monde est occupé pour aller passer un petit moment avec ma femme... en cachette. Eh ! C'est pas tout les jours où on fait mon travail et où j'ai un petit moment à passer avec ma femme. (Il sort côté jardin. On entend une claque. Cyril revient par le côté jardin, la main sur la joue.) Mais enfin, je ne comprend pas...
Henriette (Le suivant) : Ah vous ne comprenez pas. Eh bien sachez que je suis fidèle à mon mari moi et que je n'ai nullement l'intention de nuire à cet engagement.
Cyril : Mais je suis ton...
Henriette : Cela suffit Monsieur Cyril, il n'est pas question que quelque chose se passe entre nous. (Elle ressort côté jardin.)
Cyril : Ah elle le prend comme cela la bougresse. (Manuella entre sur scène mais Cyril ne la voit pas) Et bien elle va voir ce qu'elle va voir. Je vais les envoyer la déranger sans arrêt.
Manuella (Un peu embêtée d'avoir assisté à la scène) : De qui parlez vous ?
Cyril (Se retournant surpris) : Ah... euh je.... depuis combien de temps êtes vous ici ?
Manuella : Je viens juste d'arriver, pourquoi ?
Cyril : Oh pour rien, rassurez vous. Je euh.... Pourriez vous me rendre un petit service ?
Manuella : Dites toujours ?
Cyril : Voilà, je ne parais peut être pas comme ça, mais je suis un grand timide.
Manuella : Vous, un grand timide ?
Cyril : Et oui, c'est d'ailleurs pour cela que je suis célibataire.
Manuella : Eh be on ne le dirait pas.
Cyril : Que je suis célibataire ?
Manuella : Mais non, que vous êtes timide.
Cyril : Eh bien si ! En fait, tout à l'heure monsieur Baricot m'a envoyé demandé à ma... enfin à sa femme, si elle ne pouvait pas mettre deux bottes de paille dans la case des chèvres. Et... enfin vous comprenez, je ne sais pas comment tourner mes mots pour lui demander sans que cela ne paraisse être un ordre et.... et et....
Manuella : Je comprend tout ! Voilà pourquoi vous vous disputiez avec Madame Henriette. Et, très légitimement, vous pensez que cela passera mieux entre femmes.
Cyril : Voilà... Vous avez tout à fait compris.
Manuella : Pas de problème ! Ne vous inquiétez pas. Je me disais aussi que c'était bizzare que vous parliez ainsi à cette brave dame qu'est madame Henriette.
Cyril (à part) : Brave dame, c'est vite dit hein.
Manuella : Enfin remarquez beaucoup de choses sont bizzares ici. Tenez ! J'ai été les regardés traires les vaches tout à l'heure. Eh bien figurez vous qu'ici les vaches n'ont que deux mamelles. Je ne suis pas bien fine, mais d'habitude les vaches, elles ont bien quatre titines.
Cyril : Euh Manuella !
Manuella : Quoi ! C'est bien vrai qu'elles ont quatre titines les vaches. Je suis sorti de la ville, mais quand même, je le sais ça.
Cyril : Manuella ?!!! Ici il n'y a que des chèvres.
Manuella : A parce que ça ressemble à ça des chèvres ? Et ça donne du lait ?
Cyril : Oui, tout à fait !
Manuella : Ah bon ! Mais pourtant sur les briques de lait qu'on trouve dans les supermarché, il y a bien marqué lait de vache.
Cyril : Parce que c'est du lait de vache.
Manuella : Et il y a une vache de déssinée dessus avec quatre titines. Mais je savais pas que les chèvres faisaient aussi du lait.
Cyril : Et oui ! C'est d'ailleurs pour cela que sur les fromages de chèvre il y a de marqué <<fromage de chèvre>>.
Manuella : Ah je comprend tout à présent.
Cyril (à part) : Eh be ! Elle est pas sorti de Saint Cyr celle là. (A Manuella) Enfin bref, je vous remercie de dire à Mme Henriette d'emporter deux bottes de paille dans la case des chèvres.
Manuella : Ne vous inquiétez pas. Par contre, Mr Cyril, Monsieur Baricot m'envoie vous chercher pour laver la ... La quoi déjà... à oui la traiteuse.
Cyril : La traiteuse ? Mais qu'ont t'ils traité. Je leurs avais juste demandé de tirer les chèvres.
Manuella : Ah ba ces braves bêtes, elles n'ont nullement besoin d'être tirées jusqu'à la salle. Elles y ont été toute seule. La force de l'habitude comme me disait Mr Bernard.
Cyril (à part) : Hein ! Mais qu'est qu'a dit ?...
Manuella : Ah comme dirait l'autre, elles connaissent le chemin.
Cyril : Ceci dit je ne sais toujours pas ce qu'ils ont pu traité.
Manuella : Mais vous savez bien ! La machine qui permet de récupérer le lait.
Cyril : Ah... La trayeuse.
Manuella : Voilà ! Ah ba, c'est pareille, remarquez. Vous savez c'est pas une erreure de lettre qui va changer quelque chose.
Cyril : Eh bien un peu tout de même. On y fait pas le même travail. Bon, eh bien j'y vais alors et encore merci du service que vous me rendez.
Manuella : Vous avez de la chance d'avoir à faire à une dame comme moi qui comprend les gens de toute classe.
Cyril : En tout cas, vous m'enlevez une épine du pied.
Manuella : Vous avez des épines dans le pied ?
Cyril : Hein ! Qu'est qui dit ?
Manuella : Mais faut vous désinfecter cela de suite.
Cyril : Eh bien elle a rien compris.
Manuella (Appellant) : Mme Henriette ! Mme Henriette !
Cyril (à part) : Il faut tout de suite que je m 'en aille (Il part côté cour, sans que Manuella s'en aperçoive.)
Manuella (Appelant et commençant à paniquer ) : Mme Henriette ! Mme Henriette !
Henriette (Entrant depuis le côté jardin) : Quoi ?!!! Que ce passe t'il ?!!!
Manuella : C'est Mr Cyril qui a des épines dans le pied.
Henriette (Etonnée) : Quoi ?
Manuella : Et bien, où est il ? Il m'a dit de vous demander quelque chose puis il a ajouté que ça lui enlevait une épine du pied.
Henriette (à part) : Ah je vois ! Il veux jouer à ça. (à Manuella) Et quel était le service qu'il vous a demandé.
Manuella : Le service ?
Henriette : Eh bien oui, il vous a demandé un service non.
Manuella : Ah oui c'est vrai. Il m'a demandé que vous emmené deux bottes de paille dans la case des chèvres.
Henriette : Ah il vous a dit cela ?
Manuella : Eh bien oui ! Mais je pense que cela est moins important que son pied.
Henriette : Attendez moi là, je dois avoir ce qu'il vous faut dans la maison. (Elle sort côté jardin)
Manuella : Eh bien dites donc !... Elle n'a pas l'air de s'inquiéter beaucoup de la santé de ses invités cette fermière.
Henriette (revenant par le côté jardin, une paire de botte à la main et un bidon d'eau de javel) : Tenez Manuella ! Voici les bottes. Il vous suffit de les fourrer de paille et vous en ferrez des bottes de paille.
Manuella : D'accord !
Henriette : Et voilà de l'eau de javel pour désinfecter son pied.
Manuella : De l'eau de javel sur des plaies? Mais ça va le piquer terriblement.
Henriette : Rassurez vous, moins que les épines qu'il a dans le pied. Et dites lui qu'il faut souffrir pour être beau et pouvoir séduir une femme. Cela le motivera peut être. Depuis le temps que je le connaît, je trouve qu'il se laisse aller.
Manuella : Moi je ne me suis jamais servit d'eau de javel pour me maquiller.
Henriette (à part) : La pauvre enfant, elle doit en avoir besoin pour se démaquiller.
Manuella : Personnellement, je trouve que vous êtes dur envers Mr Cyril.
Henriette : Eh be ! Si lui il pouvait se durcir pour ce soir, ça me ferait plaisir, tint !
Manuella : Oh ! Vous êtes sévère. C'est vrai que pour un homme il est sensible et pas très courageux mais...
Henriette (à part) : Mouai ! Elle a encore rien compris.
Manuella : Tenez, mon mari et moi menions une réflexion l'autre jour au sujet des hommes de la campagne. Nous disions qu'il devaient être courageux pour travailler à tout les temps.
Henriette : Ah mais ma p'tite dame, qu'il vente qu'il pleuve ou qu'il neige, nous on est obligé de travailler dehors pour assurer les récoltes et la vie de notre bétail.
Manuella : C'est exactement à la conclusion dont nous sommes arrivé.
Henriette : Et en plus il faut si connaître dans le matériel et les engins agricoles.
Manuella : La culture doit être dificile.
Henriette : C'est rien de le dire !
Manuella : Quelque part je vous admire, vous les gens de la campagne.
Henriette (commençant à se plaindre ) : Et oui ! On se donne toute la vie à notre travail, en prenant peu de vacance, en travaillant plus de 70 heures par semaines. Qu'il fasse beau, qu'il fasse chaud ou qu'il fasse froid selon les saisons.
Manuella : Je pense que c'est en hiver que cela doit être le plus difficil.
Henriette : Of !.... Vous savez, on ne se plaint pas, on prend le travail comme il vient.
Manuella : Tout de même ! Il doit être moins facile de moissonner en hyver qu'en été.
Henriette (A part, étonné de la grandeur de l'ignorance de Manuella) : Et la grande société fait plusieurs année d'études dans les grandes écoles pour nous sortir ça.
Manuella : Ma pauvre dame. De plus, les jours sont moins longs en hyver.
Henriette : Ah oui ! Ca c'est sûr ! Il est moins facil de moissonner en hyver qu'en été. Mais bon on fait avec. Allez, je vais vaquer à mes occupations. Et ne vous inquiétez pas pour Mr Cyril. Tenez vous avez une botte de paille juste à côté du porche pour fourrer les bottes. Vous les emmènerez ensuite en même temps que vous apporterez l'eau de javel (Elle sort côté jardin).
Manuella : Faites moi confiance, Madame Henriette.
(Le sceau de Daniel voltige depuis le côté cour avant de retomber sur scène.)
Manuella (Appeurée) : Ah !... Qu'est ce que c'est que cela !
Daniel (Enervé, suivant le sceau) : Ah ! Cette bougresse, je suis patient mais je crois que si elle n'arrête pas de bouger...
Manuella : De qui parles tu mon chéri ?
Daniel : De cette chèvre que je dois traire à la main. Elle n'arrête pas de bouger. Il faudrai quelque chose pour l'occuper le temps que j'y travail.
Manuella : As tu essayé de lui donner à manger ?
Daniel : Ah ça c'est une bonne idée. J'ai entendu tout à l'heure Cyril parler de farine d'orge avec Mr Baricot. J'ai cru comprendre que c'est cela qu'il donne lorsqu'ils traient les autres chèvres. Mais je sais pas ce que c'est et où c'est.
Manuella : Et bien demande à Madame Henriette, elle te le dira sûrement.
Daniel : Tu as raison.
Manuella : Attend ! Un petit conseil ! Ne lui parle pas de Mr Cyril. J'ai l'impression qu'entre elle et lui il y a eu quelque chose. Elle n'a pas l'air d'être très ami avec lui. Et à vrai dire (Elle se rapproche de lui.) je crois qu'il a essayé de lui faire des avances tout à l'heure.
Daniel : Tu est sûr de ce que tu dis.
Manuella : Oui ! Mais rassures toi. En toute femme honnête que Mme Henriette est, elle l'a repoussée. Je crois même qu'elle le déteste totalement et qu'elle le reçoit uniquement parce que c'est le frêre de Bernard. Tiens ! Elle m'a donné cela lorsque que je lui est dit que Mr Cyril avait des blessures au pied.
Daniel : Et bien mince alors. Cyril voudrai convoiter la femme de Mr Baricot.
Manuella : J'en ai peur.
Daniel (Après réflexion) : Bien ! Ecoute ! Gardons cela pour nous. Je vais juste lui demander où est la farine d'orge. (Appelant) Mme Henriette ! Mme Henriette !
Henriette : Quoi encore ?
Daniel : J'aurai besoin de farine d'orge afin de traire la chèvre qui est attachée.
(Manuella remplie les bottes de paille)
Henriette (Etonnée) : La chèvre qui est attachée ?
Daniel : Vous savez, celle que vous m'avez demandé de traire.
Henriette : Ah oui (Rigolant toute seule) Il est encore en train de faire ça lui...
Daniel : Et bien je crois que si elle avait de la farine, elle se tiendrait plus tranquille.
Henriette : Vous avez tout à fait raison. Attendez moi là, je dois avoir ce qu'il faut à la maison. (Elle sort côté jardin.)
Daniel : Et bien, que fais tu ma chérie ?
Manuella : Je fais des bottes de pailles. Mme Henriette m'a indiqué comment il fallait faire.
Daniel : C'est une brave femme. Elle veut t'initier à la vie à la campagne.
Henriette (Entrant avec un sachet de farine de cuisine à la main) : Tenez ! Cette chèvre est malade. Elle doit donc manger de la farine plus finement broyée que les autres.
Daniel : On dirait de la farine de cuisine.
Henriette : Mais ça en est. D'ailleurs on en donne souvent à nos chèvres, ça rend leur lait plus crèmeux.
Daniel : Crèmeux ! Tiens, je connaîs justement un fromage qui s'appelle comme cela.
Henriette : Et oui ! C'est le lait des fermes comme la nôtre qui est utilisé pour concevoir ce fromage.
Daniel : Vous voulez dire que le nom du fromage porte le nom de la manière dont les animaux sont élevés.
Henriette : Euh !... Oui, enfin c'est pas toujours vrai. Par exemple le Roquefort vient de la ville de Roquefort.
Daniel : Oui, je savais cela, c'est facil.
Henriette : Mais d'autres fromages porte en effet le nom des méthodes d'élevages.
Daniel : Lesquelles ?
Henriette : Tenez ! Le président par exemple ! Et bien les animaux écoute sans arrêt des émissions présidentielles en boucle.
Daniel : C'est facinant ! Tu entends cela chéri.
Manuella (finissant son travail) : Oui, c'est stupéfiant.
Henriette : Un fromage réclame une méthode plus soigneuse que les autres. C'est d'ailleurs pour cela que nous ne la faisons pas. C'est le brie.
Daniel : Ah bon ! Et pourquoi ?
Henriette : Et bien on élève les animaux au milieux des bries de verre. Forcément les animaux se blesse souvent et donc ont besoin de soin.
Manuella : Pauvres bêtes ! Tu entend ça chéri ! On n'en apprend vraiment tout les jours.
Daniel : Oui ! On s'aperçoit parfois que ce que l'on croit n'est pas ce qui est vraiment. Bien ! Nous allons vous laisser à vos occupations.
(Manuella sort)
Henriette : A votre service (à part, partant côté jardin.) Ils sont prêt à croire n'importe quoi. (Elle sort)
Daniel (grimaçant le doute, se dirgeant côté cour) : Je me demande ce qu'elle marmone. J'ai quand même du mal à croire que... J'ai l'impression qu'on se fiche de nous... (Il sort côté cour).
(Cyril, Bernard et Mr Baricot reviennent par le côté cour quelques instant après).
Mr Baricot : Allons casser la croûte après autant de travail. (Ils se dirigent tout les trois vers la table d'extérieure.)
Cyril : Rien de tel qu'une bonne soupe à 10 heures 30 du matin avec du bon saussiflar.
Bernard : Gustave euh... Cyril ! Fait attention à ton l'engage.
Cyril : De toute façon il ne sont pas là tes deux arpètres.
Bernard : Ils pourraient nous entendre.
Cyril : Ne t'inquiète pas ! Ils sont sûrement en train de minauder dans la paille. Je les entendais discuter tout à l'heure. Allons ! Ouvrons les bouteilles et sortons la bouffes, ça les fera venir. Henriette ! Sers nos amis.
Henriette (Revenant par le côté jardin, énervé) : Je ne trouve plus mes fleurs.
Cyril : Eh bien je ne sais pas où elles sont ? Tu les cherchera tout à l'heure. De toute façon notre amis Mr le curé est toujours là.
(Entre Nicolas et Antonin, deux enfants de coeur.)
Antonin : Bonjour ! Messieurs dame. Nous venons chercher les fleurs. Mais... Mr le curé ?!!! Que faite vous là ?
(Une fumée provenant du sachet de farine du côté cour apparaît en même temps qu'un bêlement énervé du bouc retentit. Le sceau voltige sur scène. Daniel apparaît, entièrement recouvert de farine.)
Daniel : Je capitule ! Cette chèvre à corne est plus tétu que moi.
Cyril : Une chèvre à corne ? Mais je n'ai pas de chèvre à corne.
Daniel : Comment ça vous n'avez pas de chèvre à corne ? Cette ferme n'est pas à vous ?
Cyril : Il a trait le bouc.
Antonin (A Daniel) : Mais si Monsieur ! C'est la ferme de Mr Gustave !
Daniel : Mr Gustave ?
Antonin : Et comment allez vous Mr Barnabet ? Cela faisait longtemps qu'on ne vous avez pas vu.
Daniel : Mr Barnabet ?
Antonin : Et vous, mr le curé, vous êtes rigolo habillé en paysan.
Daniel (de plus en plus étonné) : Mr Le Curé ? Mais vous n'êtes pas Mr Baricot ?
Antonin : Et non : C'est le curé de notre village !
Mr Le curé : Mes enfants ! Voilà que vous nous mettez dans une situation forte embarrassante.
Antonin : Mais nous venons chercher les fleurs.
Mme Henriette : Mes enfants, il vous faudra revenir, je ne sais plus où je les ai mises.
Manuella (Entrant avec les tiges de fleurs à la mains) : Dites donc, Mr Baricot, c'est normal que les chèvres n'ont mangées que les pétales de vos herbes.
Mme Henriette : Mes fleurs !...
Manuella : Ne vous inquiétez pas, les chèvres les ont bien aimé.
Daniel (comprenant) : Je pense très sincèrement qu'on s'est moquer de nous ici et c'est fort désagréable.
Mr le curé : C'est par bonté d'âme que nous avons essayé d'aider Barnabet, croyez moi.
Barnabet : Nous vous avons certes menti, mais à aucun moment, nous vous avons manqué de respect, croyez moi.
Mr Le curé : Pardonnez ces enfants qui ont encore la vertu pure dans l'âme.
Antonin : En tout cas, Mr Le Curé, nous comprenons aujourd'hui ce que vous nous dites souvent à l'église. (Les deux enfants en même temps) Tel est pris qui croyait prendre.
FIN