

YANN GABOREAU
FOU OU NORMAL
Le livre
Cet écrit que vous tenez entre vos mains était dans un carnet retrouvé dans une maison en ruine. Il ne comporte pas de date, mais il a su être retranscrit et traverser les années en restant intact.
Cher journal !
La médecine est aujourd'hui formidable. Je te dis cher journal et pourtant c'est ici la première page que j'entame. Certes, ce n'est pas la première page que j'écris en cet hôpital. Loin de là ! J'avais besoin de m'évader de ce triste drame. Alors j'ai écris des récits.
J'étais au fond du trou après cet accident de voiture assassin de mes proches. Je suis le seul survivant. Banal tragédie ! C'est en tout cas ce que laissaient supposer les journaux de l'époque. A moi, cette banalité ma coûté ma famille, et cinq ans de ma vie. Pendant cette période, les médecins se sont acharnés sur mon corps pour me tenir en vie au cour de mon comas et me redonner toute les capacités motrices. Je les remercie de cet acharnement bien qu'il me reste un goût amer. Le médecin me l'a confirmé ce matin, dans un mois je sors de cet hôpital : mais pour aller où ? Après si longtemps, ce dehors me semble comme un trou inconnu. Aurais je préféré mourir avec les miens ? Le néant de la mort me fait peur. J'ai souffert pendant les hauts et les bas de ma rééducation, c'est vrai. Mais j'ai un caractère à me retrousser les manches. Je ne veux pas disparaître sans laisser une trace derrière moi. J'estime avoir ma place, aussi petite soit elle, dans l'histoire des hommes.
Un homme qui bâti une maison laisse une trace. Un père qui nourrit sa famille laisse une image, une estime. Bonne ou mauvaise ! Peu importe ! Il fait avancer le monde à sa manière. En ce qui me concerne, si je regarde de plus près, passer les murs de cet hôpital, je n'ai pour l'instant rien fait avancer. Il faut choisir ma voie. Difficile après de cinq ans pendant lesquels j'avais autre chose à penser. J'ai dix huit ans ! Alors que d'autre à cet âge continu leur apprentissage, je ne rien commencer, je ne sais même pas quel métier peut m'intéresser. D'avant le drame, il ne me reste plus que l'écriture et la lecture en acquis de connaissance.
Toi, journal à qui je me confie ! Serais tu en train de me souffler une réponse. C'est vrai que j'aime raconter des histoires, en déduire une morale, m'inspirer de mon idéal. Je te le confit, j'ai aussi peur de la mort. Je désire que mes idées, mes pensées et mon identité restent éternelles. Petit homme que je suis, je voudrais côtoyer les marques que les grands ont laissées dans l'histoire. Je pense aux écrivains engagés tel Victor Hugo. C'est un homme devenu poussière, mais c'est avant tout une identité qui par ses œuvres restent maître du temps. Tant d'autres ont fait ainsi, et pas forcément par l'écriture. Mais il ne me reste plus que ça.
C'est vrai, j'ai peur de ce trou d'où on ne revient jamais et où l'on parle de nous qu'au passé sauf pour la dénonciation à la mort. Mon désir serait d'inscrire mon nom dans l'histoire de l'humanité. Faut il pour cela que je me contente de me faire connaître par mes œuvres, quelles qu'elles soient ? Je ne veux pas être une de ces petites pierres populaire car distractives. Non ! Je souhaite défendre une idée pilier qui supportera une histoire découlant de ses principes.
Peut être suis je trop ambitieux. Peut être ne serais je pas à la hauteur de ce qui se passe dehors ? Faut il encore que j'intéresse quelqu'un. Tant pis ! Je persévèrerais dans ce dehors que l'on me dessine en crise aujourd'hui. Les actualités décrivent l'extérieur ainsi. Un problème politique avec un pays voisin paraît il.
Mais moi dans tout cela !... Je me souviens encore d'un de mes récits où j'avais fait une promesse à mes proches mort dans l'accident. Aussi longtemps que je vivrais, je défendrai notre nom. Si je parviens à mon but, celui ci atteindra l'éternité. Peut être seras tu, toi cher journal, le témoin qui prouva plus tard ma volonté. Un livre n'est qu'un ramassis de papier quand l'écrivain est vivant, mais c'est aussi l'identité de l'écrivain quand il est mort...
Pour citer Whitney :
<<Oh moi, oh la vie ! Tant de question qui m'assaillent sans cesse. Ces interminables cortèges d'un croyant, ces citées peuplées de sots : qu'y a t-il de bon en cela ? Oh moi, oh la vie ! Réponse ! Que tu es ici ;que la vie existe, et l'identité. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime.>>
Ma rime : ce seront mes livres ! Je dénoncerai ce qui me choc dans ce monde. Je poserai ma plume sur le papier et mon cœur parlera de lui même. Mes doigts la guideront sous la dictature de l'inspiration. Et même si, de temps à autres, les personnages transmettront les ressentis de l'auteur que je suis, le plus important seront les phrases couchées sur le papier d'où en ressortira une morale. La musique des mots suivront la partition logique de l'histoire. J'y veillerai avec sérieux. Et lorsque des spectateurs viendront admirer le spectacle de cette maison, la critique viendra. Et si est est mauvaise, ou même si l'indifférence règne, alors je ferai mieux afin de les inviter une fois de plus à espionner mon travail. Je m'y engage afin que partout où l'on soit, mes écrits se transmettent. L'adage populaire est vrai. Une parole est éphémère, peut être modifié par le bouche à oreille, un écrit reste identique même par le main à main.
Mais arrêtons là ! Que de temps perdu à parler ! L'inspiration va naître et me soulager de mes pensées. Sera t-elle assez abondante pour ne pas laisser à vide mon plaisir d'écrire ? Ces dessins que je fait avec les mots, cette magie que j'exerce, cette passion qui m'atteint, ces images réelles que je transforme dans mes délires d'écrivain, cette liberté de faire savoir mes pensées, ces paysages que mon imagination me fait visiter, ces dangers que je produits et qui me procure une tension plaisante car je sais qu'ils ne peuvent m'atteindre ; ces corrections que moi seul peut faire et cette célébrité que j'atteindrai peut être en faisant connaître mon opinion envers ce monde que j'irai conquérir grâce à ma passion. Ce sont ces éléments qui me font aimer se phénomène qu'est l'écriture. Je laisserai écrire mon cœur et travailler mon stylo, et ceci jusqu'à ce que ma mort les sépares afin que mon nom ne soit pas gravé que sur une pierre tombale.
CONSEQUENCE DE GUERRE
Une guerre de deux ans vient de se terminer. Des accords politiques entre notre pays et un peuple voisin avaient mal tourné. Ce dernier avait refusé les accords malgré la signature de leur président. Ce dernier fut renverser. Une guerre civil commença dans leur pays. Ensuite, ils voulurent rompre les accords passer avec nous. Notre président refusa. Après l'avoir fait abdiquer, une occupation commença et une guerre éclata entre nos deux états.
Nous avons fini par les faire reculer. Il y a deux jours que nos adversaires ont signé le traité de paix. Notre mission consistait désormais à ramasser les cadavres qu'ils ont engendrés lors de leur retrait. Ceci afin d'éviter les épidémies. Nous devions aussi chercher s'il y avait des survivants dans ce paysage morbide. A première vue, dans ce village, c'était comme si toutes vies s'étaient arrêtées d'un coup. C'était ma première journée. On m'avait averti des images cruelles de la guerre. J'acceptais ! C'était hier ! Et aujourd'hui, au petit matin, après une longue nuit de transport, je me trouvais prêt à affronter ces images.
Nous étions diviser en dix six patrouilles, à raison de sept hommes par groupes et trois véhicules par patrouilles. Le commandant donna ses dernières recommandations, puis toute les patrouilles partirent de leur côté avec leurs fourgonnettes.
La mienne arriva d'abord à une stabulation d'un élevage de chèvres. Celle ci était située en dehors du village, à un kilomètre environ.
Là, à une poutre, un homme était pendu. Sans avait il lui même souhaité cette mort. Nos ennemis l'auraient sûrement passé par les armes au lieu de perdre leur temps à le pendre. Nous les décrochâmes et deux d'entre nous s'occupèrent de l'emmener dans l'une des fourgonnettes réservée aux hommes. Nous allâmes à présent ramasser les cadavres d'animaux. Celui qui les ramassa la charogne avec moi ne m'adressa à aucun moment la parole. C'était un homme grand, robuste et très brut en apparence. Je fis comme lui, je restais silencieux jusqu'au moment où je trouvai un chevreau encore en vie sous sa mère. Celle ci s'était peut être sacrifiée en se couchant sur son petit. En pressentant la sauvagerie des hommes, elle avait sans doute suivit son instinct humain...
Mon compagnon ramassa le survivant, prit une corde et sortit. Je le suivis. A une barre ressortant à l'horizontal du mur en ruine et situé à deux mètres du sol, il attacha la corde. Je lui fit remarquer, avec une naïveté non cachée, qu'elle serait trop courte de beaucoup. Sans me regarder, il pris alors l'animal, l'accrocha par les deux pattes arrières, sortit de sa poche un long couteau et l'égorgea. Jeu voulu riposter mais il me lança un regard qui me figea sur place et me certifia son apparence. Je ne pouvais désormais plus rien pour le malheureux animal. Il hurlait son désir de vivre, sa peur de mourir. Je lui adressa un signe de croix. Je partis finir d'aider mon soi-disant compagnon.
Ensuite, nous partions vers un autre désastre.
Nous arrivions maintenant à un parc principalement couvert de cadavres d'enfants.
<< La rafle a dû surprendre tout le monde ; nous confia l'un des conducteurs ! Les parents ne sont même pas venus chercher leurs enfants.>>
Il y en avait partout, dans un triste état. Ceux ci étaient appuyés, couchés, écroulés ! Non ! Il n'y avait pas de mots pour exprimer leur position, leur bouches béates de souffrance. C'était un paysage de cauchemar.
Au bout de quelque cadavres, j'en aperçu un sur un tourniquet. Il était sur le ventre. Je vis de suite que son corps était troué de quatre balles. En le retournant, je m'aperçus que les balles ne lui avaient pas seulement troué les corps, mais l'avaient traversé. Et le visage de l'enfant, blanc et glacial, les paupières à demi fermées, la bouche grande ouverte, laissait supposer l'acharnement du monstre sur son corps. Le sang séché qui sortait de ses yeux laissait supposer que ceux ci étaient crevés. Cet enfant devait avoir cinq, six ou sept ans. Impossible à dire. Je mis un instant avant de le ramasser. Mon chef de patrouille vint alors me taper légèrement l'épaule :
<< Tu savais ce que tu allais voir en venant avec nous.
- Oui, mais je ne croyais pas que c'était à ce point. Les salauds ! "Ils" ont tué de jeunes innocents par plaisir. Ceux ci n'ont même pas eux le temps de vivre.>>
Il me répondit que c'était peut être mieux ainsi. Ils n'auront ainsi pas la peine de vivre les conséquences déplorables de la guerre.
Ceci me consola un peu. Je me résignai à prendre le corps et à l'emmener sur le bord de la route.
Notre prochaine destination était une école primaire. Ce devait être la récréation au moment où la rafle à eu lieu. Peut être même avaient ils surpris le village en commençant par cet endroit. Le professeur les auraient rentrer sinon. Mais l'horreur était trop omniprésente pour nous permettre de réfléchir au circonstance de ce nouveau désastre.
Les enfants avaient entre cinq et neuf ans. Leur corps étaient étendu à même le sol dans la cour de l'établissement scolaire. En s'engageant sur champs de jeunes morts, on pouvaient, sur la droite, qu'un enfant avait été fusillé en haut d'un toboggan. Son corps avaient ensuite glissé jusqu'en bas de l'attraction en laissant des traces de sang. Ces trace étaient maintenant sèches et étaient dans l'état d'une peinture écaillée. Quelle drôle de comparaison me venait là à l'esprit ! Mais l'attraction était à l'image de cette cour : une toile de jeune sang. Mais je n'appelle pas ça faire acte d'artistes.
Au milieu de la cour, des cadavres de garçons gisaient sur le sol. Ils jouaient au football lors de l'attaque. Il y en avait un entre deux poteaux. Ceux ci représentaient sans doute les buts... Mais quelle importance ?... Au fond de la cour, il y avait quatre jeunes filles. Avaient elles été violées avant d'être tuées ? ces barbares avaient ils profité de leur cadavres. En tous cas elles étaient nues et leurs vêtements étaient éparpillés autour d'elles. Ils étaient eux aussi dans un triste état.
Dans ce paysage morbide, on avait autant de compassion pour les objets que pour les cadavres. Nous ramassions uniquement ces derniers.
Pendant cette opération, mon chef de patrouille m'ordonna de vérifier l'intérieur de la salle de classe. Je lui obéis de suite.
A cet endroit, les guerriers n'étaient pas entrés. Tout était bien rangé. Je m'avança. Mais plus je me faufilais entre les tables, plus je percevais les sanglots d'un enfants. C'était un bruit étouffé, là, tout proche. Je fis le tour de la table suspecte et m'accroupis. Il y avait un enfant recroquevillé, les yeux fermés, espérant sans doute dans son ignorance meurtri qu'ainsi je ne le verrai pas. C'est certains, cet enfant avaient peur de moi. Je posa délicatement ma main sur son épaule. Il sursauta et pleura de plus belle. Je le rassura alors :
<< Ne t'inquiète pas, je ne suis pas ici pour te faire du mal.>>
Il pleura encore un peu puis se calma et me regarda. Je lui proposa alors de ne plus rester sous la table. Les yeux encore bien mouillés, il accepta. Je le laissa se relever et reprendre ses esprits. Doucement, je lui posa la main sur l'épaule. Il ne sursauta pas, ce qui était signe que le calme le regagnait. Visiblement, il n'était pas blessé, certes un peu déshydraté, mais rien d'autre. Je lui demanda :
- Depuis combien de jours es tu caché là ?
Il me répondit seulement : <<Deux>>.
- Est ce que tu as faim.
Il resta aussi immobile que muet, encore choqué peut être. J'ouvris alors ma veste en laissant apparaître sans le faire exprès mon pistolet. Il fit un pas de recul. Je sorti de ma poche une barre de chocolat et la lui proposai. Il hésita.
- Ne t'inquiète pas, lui dis je ; nous avons fais reculer nos ennemis. Le pays est maintenant libre.
Il hésita encore un court instant et d'un geste lent et méfiant, il pris la barre chocolatée. Après avoir enlever l'emballage d'un geste peu appliqué, il commença à la manger.
- Veux tu que l'on sorte maintenant, lui proposai je d'une voix donnant plus l'impression d'un ordre.
D'un aplomb encore fragile, il ouvrit lentement la marche, plus conscient de se qu'il se passait dans sa bouche qu'à l'action de ses jambes.
Dehors, le silence était à la fois pesant et effrayant. Les hommes avaient fini de d'entasser les corps dans le fourgon. La cour était déserte. Il n'attendait plus que moi pour partir.
Afin de combattre cette atmosphère peu attrayante, je demandai à l'enfant ce qui s'était passé. D'une voix encore étourdie, il m'expliqua qu'ils avaient surgit pendant la récréation. Pourtant, avant cet instant de détente, rien, aucun bruit ne laissait transparaître une telle incursion. Lui, il avait été puni par son professeur. Dès il les a vus, il s'est caché sous la table et est resté à cet endroit jusqu'au moment où je le trouve.
Il fini par se taire. Nous étions presque arrivé à hauteur du fourgon, sur le bord de la route.
Au fur et à mesure que nous nous approchions du fourgon, par l'arrière, les cadavres des enfants entassés apparurent à mon rescapés. Certains avait le visages décorés du macabre sourire de la mort. Il éclata en sanglot. Mon chef, alertée par ces pleures juvéniles se retourna et constata la présence de l'enfant. De suite il compris et réagit :
- Et bien qu'attendez vous ! Emmenez cet enfant dans la cabine à l'avant du véhicule.
J'obéis de suite en prenant l'enfant par le bras. Je l'installai dans la cabine. J'essayai de le calmer, puis lui conseillai de dormir un peu. Chose facile à dire, mais moins facile à faire étant donné l'état d'esprit du gamin. Cette vision atroce n'avait sûrement rien arrangé à son état de nervosité et de fatigue.
.Je lui demandai s'il pouvait attendre encore une heure avant d'avoir droit à un bon repas. Les yeux encore mouillés, les sanglots encore non loin de la crise de larmes, il me fit un signe de la tête de haut en bas. Je lui signalai alors que j'allais rejoindre les hommes à l'arrière du fourgon et qu'un autre homme allait venir à côté de lui. La tête tombée contre l'appui tête du siège, les yeux grand ouvert et fixes, il ne réagit point. Je décidai alors de me tenir à fermer la portière et de rejoindre mes compagnons. Nous ne fûmes pas long à partir.
Une heure !... C'était le temps nécessaire afin que nous finissions notre mission de la journée. Notre prochaine destination était la place de l'église. On allait à cet endroit pour étendre les corps. Le lendemain, une autre patrouille les enterrera dans le cimetière du village situé juste à côté de la place.
Je fixais les corps. Un transport de viandes aurait eu une meilleure présentation que celui ci. Aucun soin de rangement n'avait été respecté. Les cadavres avaient été amassés les uns sur les autres, dans un sens, dans un autre, de travers ; le ventre ou le dos pliés sous le pois des autres. Les corps étaient réduit à l'état d'objet. Il n'assistait heureusement pas à la maltraitance qui leur était infligé. Nous étions les seules victimes de ce spectacle digne d'une scène d'horreur. Mais cette scène nous ne la jouions point : nous la vivions.
Le camion s'arrêta. Nous n'étions pourtant pas arrivé à notre but. Mon chef m'ordonne de descendre avec lui. J'exécutais son ordre et vis qu'il y avait deux corps, cinq mètres environs devant le véhicule. C'était un homme et une femme, sans doute un couple. Je suivi mon chef qui s'avança vers eux et vis, en passant à côté de la cabine, que le petit s'était assoupi.
Nous commençâmes par mettre l'homme avec les cadavres d'enfants, et nous prîmes ensuite la femme afin de faire de même. Au moment où nous la ramassions, nous entendîmes crier et pleurer à l'intérieur de la cabine. C'était l'enfant. Il s'était réveillé et se débattait. Le chauffeur à côté de lui essayait de le maintenir. Ce qu'il hurlait était le mot <<Maman>>. Nous comprîmes alors que nous étions en train de ramasser ses parents et qu'il fallait vite ôter des yeux de l'enfant cette image terrible. Il se débattait de plus en plus violemment jusqu'à ce que nous passions à côté de la portière. A ce moment là, curieusement, il arrêta de s'agiter en poussant un long gémissement plaintif et désespéré appelant sa mère. Comprenais t-il dès lors que sa relation avec s'est parents était derrière lui ?
Le camion reparti sans autre halte.
Arrivé à l'église, nous déposâmes les corps avec ceux ramassés par les autres patrouilles. Ils étaient cette fois ci bien aligné les uns à côté des autres, en quinze rangs d'une vingtaine de personnes chacun .
Certains avaient les yeux arrachés, d'autre étaient égorgés où poignardé de toute part. J'en vis un totalement défiguré par l'acharnement d'une arme à feu. Le haut du crâne semblait être sectionné depuis le nez jusqu'aux oreilles. Ce n'était même plus de la défiguration, il n'avait plus de visage. C'était la cruauté même du monde.
Soudain, nous entendîmes un coup de feu, là, tout proche, derrière un vieux bâtiment. Quelque hommes dont je faisais parti, contournaient la bâtisse avec prudence, les armes à la main. Nous vîmes effondrer à terre l'enfant que j'avais trouvé en vie. Il avait une arme à la main et un orifice de balle sur le côté gauche de la tête.
Un de nous dit alors :
<< C'est peut être mieux ainsi.>>
Sur ces mots, nous le ramassâmes et allâmes finir de décharger les corps. Un prêtre viendra les bénir demain avec les innombrables enterrements. Notre mission était finie pour ce jour. Le commandant nous proposa alors de loger à notre guise dans des maisons de ce village massacré.
<< Servez vous chez l'habitant, déclara t-il avec plus d'allégresse que de désolation. Ne vous inquiétez pas, l'habitant ne portera pas plainte contre vous.
Il esquissa un sourire et dit :
- Reposez vous bien surtout, rendez vous ici demain à 7h30.>>
Moi, j'ai choisi une grande maison avec un grand jardin. Au fond de ce jardin, il y a un mur de pierre de deux mètres, deux mètres cinquante de haut. Je vins m'asseoir dessus et j'ai repensé à tout ceci.
Oui, c'est sur ce mur que j'ai décris cette première journée d'horreur. Je ne sais pas si je vais continuer ce nettoyage quand je repense à ce que j'ai vécu aujourd'hui. Mais maintenant, fidèle au métier de journaliste que j'avais débuté en sortant des hôpitaux avant cette guerre, je vais exprimer ce que je ressens. Cher journal, assis sur ce mur, devant ce ciel de soir d'été, un crayon dans une main, un carnet dans l'autre... qu'est devenu le genre humain ? Et cette couleur dans le ciel... rouge, rouge comme le sang... Est-ce celui des victimes de cette guerre qui s'évapore avec leur esprit ? Et à ton le droit de vivre après ces massacres ? Je pense à cet homme pendu, à cette chèvre qui s'est sacrifié en se couchant sur son petit. Elle ne se doutait pas que son sacrifice serait vain, que les résistants tueraient plus tard sa progéniture. Je pense surtout à ces enfants violés et tués que nous avons ramassés. Quel dieu a pu vouloir ça ? Je pense aussi à ce petit survivant. En ayant cette punition, il ne se doutait sûrement pas qu'il en aurait encore une plus grande par la suite : celle de choisir entre une vie d'horreur et la mort... Et qui sait... Lui aussi aurait grandi et pris le goût à la guerre. Peut être ! Je ne sait plus quoi penser.
Cher journal, pourquoi n'existe t-il pas de mot pour me libérer du tourment qui règne dans ma tête ? Je vais entrer dans cette grande maison qui n'est pas la mienne. Je vais violer le bonheur d'une famille disparue. Je me sens coupable d'être à leur place ce soir. Peut-être me sentirai-je seul, je ne sais pas. Et même si c'était le cas, quelle serait la différence avec la solitude de la mort ? Le fait d'être en vie. Ce serait là alors ma punition de mon vol de bonheur qui me sert finalement à rien. Peut être !...
Demain, je continuerai peut-être le nettoyage de cette hécatombe dans d'autres villes ou village ; je ne sais pas non plus. Je ne peux plus savoir ce que je dois penser. Avons nous le droit de vivre devant ces innocents, ces jeunes innocents qui sont mort sans avoir goûté au plaisir de la vie ? Non, je ne sais plus ce que je dois penser, mais la seule chose qui est sûr, c'est que ce ne sera pas la vieillesse qui me tuera.
Fin de cette seconde journée !
Comme la veille, je me suis isolé dans une propriété. Est ce l'accumulation ? Les horreurs que j'ai dû supporter me semblaient plus affreuse encore. Nous sommes tous des assassins, des animaux qui défendent leur territoire et qui en conquièrent d'autre. Nous ?! Les hommes ! La société est redevenue nature. Arrêtez ! Arrêtez ces massacres ! Arrêtez ces guerres dans tous temps du futurs. Daniel Balavoine le disait dans sa chanson : <<Rien ne vaut la mort d'un innocent>>. Pères, fils, frères et autres, nous le sommes tous. Nous pensons tous différemment. C'est la raison des guerres. Mais nous avons tous les mêmes droits avec leur limite. Aujourd'hui, il est prouvé que le teneur du fusils à plus de droits que celui qui est au bout du canon. Cette façon de vivre est celle de la jungle, des sauvages. Il faut éradiquer tout les idéals graines des guerres. Religions, différenciation par la couleur de peau, par les origines... derrière tous cela se cache une chose identique : la vie. Il peut avoir la société sans rejet de l'autre. Oui ! Car si s'insérer dans la société consiste à revenir à l'état sauvage, il nous est donc impossible de dire que nous appartenons à une intelligence élevée...
J'ai l'impression de transcrire une bible, une religion... C'est un labyrinthe sans issue dans lequel je me suis engagé.
Ce message que je m'écris à moi même, isolé loin de toute turpitudes humaines, pourrait être adressé à ceux qui osent faire la différence entre les espèces humaines... bien qu'elles n'existent pas. C'est l'apprentissage à la société, l'historique qui nous le fait constater. Et pourtant, c'est par cela qu'on est censé de se bâtir en meilleur.
J'écris un peu au hasard, dans l'espoir que quelqu'un me lira après ma mort et me comprendra. Peut être aura t-il le courage alors d'agir en disant non à la violence. Je me sens désarmé, seul devant ces gens, ce groupe qui se battent pour leurs idées. C'est la stupide loi de la société :la majorité à toujours raison... Facile d'assumer les responsabilité du groupe auquel on appartient, il en est moins quand il s'agit d'assumer ses propres décisions, opinions.
"Vous", qui profitez de la faiblesse du peuple, expliquez moi le pourquoi de votre acte de pouvoir politique si toutefois je fais erreur. Erreur ! Car j'accuse. Celui qui viendra en groupe avec sa violence sera un lâche. Celui qui viendra le dire en défendant son idée avec des mots sera quelqu'un de réfléchi. Proclamer ne pas être seul à avoir pensé, fait des actes, c'est reconnaître sa propre appartenance à un groupe. Je préfère à cela l'honnêteté de l'homme isolé.
Personne ne peut vivre sans amour. La preuve, vous avez tous un cœur. Que fait le soldat quand il rentre dans sa famille après avoir abattu des ennemis? Sans vie s'en trouve telle bouleversé ? Personne ne peut vivre en étant sans cesse dégouté, sinon c'est le suicide. Je ferai désormais parti de ces personnes. Ils se tuent car ils n'ont plus rien à aimer sur terre. La pression du dégoût engloutie l'amour qu'ils sont capable d'émettre. La mort est leur seul issue... issue qu'ils leurs aient préférable.
Et vous ? Vous qui ne voyez rien. Homme politique, vous ordonnez les combats par les militaires. Quelle est la différence d'importance entre la vie d'un soldat et celle d'un politicien ? Qui est le mieux placé ? Les politiques n'oseraient même pas mettre le pied sur le champ de guerre. Alors j'appelle aux genre humain entier d'ouvrir les yeux sur les dégâts causés pas les guerres. N'attendez pas qu'on vous apportent des solutions car ainsi on vous exploite. Réfléchissez et agissez dans le bien ! On connaît la vérité quand on regarde les conséquences des mensonges. Bon Dieu ! Réveillez vous. Je vois des enfants morts par la torture et ça me fout hors de moi. Quitte à écrire une nouvelle bible excluant toute religion et nationalité afin de mettre en avant deux choses : la vie et l'égalité de droit
Que dis je ? Je délire totalement. J'écris sur ce papier comme si je parlais à quelqu'un. Je me détache de plus en plus. Et je n'ai aucun regret. Je sais que tout est perdu pour moi. J'ai ouvert les yeux et je me vois contrains de tomber dans cette voie de la folie. C'est la moins pénible des solutions pour sortir de ces corridors sombre et sans fins de la compréhension du monde présent.
Oh toi ! Oh toi qu'aucun vivant ne peut connaître,
Tu peux agir par ton acte sur tout le monde,
Tu nous déranges quand tu le veux par ton onde,
Même ceux qui ne pensent pas que tu es maître,
Maîtresse de tout et éternelle à jamais.
Oh toi, toujours fidèles, si tu me prenais ?
Oh toi, que se passe t-il dans ton univers,
Qui avec toutes personnes est aussi austères,
C'est là où on se fait grignoter par les vers,
Afin de ne ressembler qu'à de la poussière ?
Oh toi, toi à qui je ne ferai pas la guerre
Je t'aime comme je n'ai point aimé naguère.
Toi qui attires les personnes que tu veux,
Tu rends les gens que tu sépares malheureux,
Comment ressens tu franchement ce que tu fais ?
Et moi ? J'espère que bientôt tu me prendras
Même si je sais que je ne bougerai pas
Dans la tombe où, grâce à toi, je disparaîtrais.
Oh toi qui nous remets tous au même niveau,
Eux qui espèrent ne jamais te rencontrer,
Moi qui désire être dans ton éternité
Pour pouvoir éviter ces guerres et ces fléaux
Venus des cruautés de ce monde sans cœur
Où pour te rejoindre nous avons tous une heure.
Oh toi ! Oh toi qui est présente à tout moment
Je t'aime comme si tu étais ma maman,
Et même si mon amour s'appelle "suicide"
Je t'aimais, t'aime et t'aimerai où que je sois
Après mon vécu, quand je serai dans tes bras,
Seul dans ma caisse de bois qui deviendra vide.
Oh toi, emmène moi dans ton éternité.
Les autres gens ? Je me fiche de leurs pensées.
Moi je sais que tu ne me rejetteras pas
Car ton amour parfait ne se mesure pas.
Oh toi, amie à qui je donnerai mon corps,
Je t'apporterai des fleurs : oh toi, oh la mort...
Mais devant ce ciel, je me rend bien compte que le passage à l'acte est moins facile qu'il n'y paraît. Juste un petit détail à réglé avec moi même. Il me tient à la vie. Hum ! Le agrippant ! Mais je crois avoir été clair, tu es mon seul amour. Je sais que tu as déjà conquis d'autres personnes. Mais c'est moi qui irait vers toi. Ici, je vais me faire détester par tout le monde afin de ne faire de la peine à personne et pouvoir partir libre des chaînes de l'amitié. Pour cela, j'agirai contre mon caractère s'il le faut et j'importunerai tout le monde afin que ma réflexion est elle même honte de ce moi. J'inventerai aussi des motifs pour me tuer afin que personne ne se culpabilise et fasse, ainsi, le même geste que moi.
Te demandes tu pourquoi je viens maintenant vers toi alors que j'ai longtemps chercher à te t'éviter et te vaincre par le passé ? Je me suis trompé sur le genre humain. Il n'est pas de l'idée que je me faisais de l'homme civilisé. Je veux donc être un de tes amants. J'ai peut être tort ! je pourrais me marier, vivre le bonheur d'une famille... mais j'ai une conscience et vivre la joie avec le souvenir de ces massacrés est trop difficile. J'irai vers toi sans attendre ton appel. L'histoire des hommes est trop cruelle et je ne veux pas y participer.
Avec toi, je ne bougerai pas, je le sais. Je ne fêterai rien. Ce sera toujours la même chose. Je me détériorerais. Mais face à ceci, j'ai une vie au milieu de gens que je n'apprécie pas. Je préfère le silence, le néant total. J'ai à présent le vertige ! Entre ce désir de te rejoindre et de l'incompréhension de ce monde, je suit un chemin qui me mènera à un trou, je le sais. Ma conscience et ma réflexion en sont les fautives. Ton amour est éternel. Tout le monde est au même niveau pour toi. C'est une égalité que je recherche. On a tous le même résultat : on disparaît de la surface de la terre. Il y a une seule chose qui ne disparaît pas pour certain : c'est la célébrité, la trace qu'ils laissent derrière eux. Je ne veux plus être de ceux ci ! J'ai honte d'avoir appartenu au genre humain.
Tu te dis peut être que je suis fou de vouloir te rejoindre. Je ne sais pas ce que c'est d'être seul dans une caisse de bois, je te l'accorde. Mais au lieu de rester seul dans une vie qui me torture moralement, je préfère entrer dans l'oubli total face aux autres qui s'amusent, rient à côté de cruauté. Je suis seul et j'y resterai avec et par toi. Je t'aime et ça, personne ne l'empêchera. Si je réussis à te rejoindre, je sais que tu m'accepteras aussitôt. Certes, tu ne pourras pas lire cette marque d'affection intense. J'en suis conscient. Mais ceci marque mon intérêt envers toi, mon amie : Mort. En te rencontrant, j'irai me présenter à ta mère. J'espère seulement que celle ci n'est pas la vie...
Que faire maintenant de cet écris que je tiens entre les mains. Je veux tellement que le monde change. Oh je ne prétend pas avoir une sainte bible entre les mains... Là encore, la religions est une graine fortement prépondérante à la guerre... Je ne veux pas brûler mes écris. Je ne les signerai pas. Je veux préserver mon anonymat, et plus encore : mon oubli. Mais je me répète ! Mes pensées resteront éternelles sur le papier. Je ne vivrai ainsi pas par le corps mais par l'esprit. Qu'importe mon nom, c'est mes principes qui me subsisteront. J'avais cité Wightman. A la fin de sa citation, il y avait : << Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime.>> Eh bien la mienne sera ce livre qui bouleversera, je l'espère, l'horrible spectacle qu'est l'histoire des hommes. Oui ! Peux importe de qui cela vient. Ce qui compte, c'est le résultat. Ma honte d'appartenir au genre humain est plus forte que mon envie de devenir célèbre. Je veux échapper aux cruautés, à la méfiances, à l'amitié qui n'est que trahison du monde. Ce n'est pas de la mort, mais de la vie que j'ai peur.
Mais sur quels principes je désire le changement. Eh bien je ne comprend pas qu'on puisse parler sur les personnes et leur faire croire que nous sommes leurs amis. Je ne peux accepter qu'on insulte certains et qu'on horrifie d'autres sans qu'on ne connaissent le profond de chacun. Je n'admet pas non plus qu'on perçoive la folie chez quelqu'un uniquement parce qu'il détient une pensée unique. Je ne pense pas être dans un monde civilisé si le droit ne revient qu'au plus fort, qu'au plus riche, qu'au plus instruit, qu'au plus haut placé. Humanité est un mot qu'il faut bannir. Je n'aime pas ce monde mais j'aime le détester. Je préfère me reposer en paix plutôt que de souffrir devant la violence des uns contre les autres. Espèrerons que le souvenir perdra ma trace en mon esprit.
Vous ! Vous me dégoûtez ! Comme dit le proverbe, c'est le plus gêner qui s'en va. Je me retire donc. Il vaut mieux être seul que mentir à des personnes et provoquer la moindre dispute. Mais dans cet univers, il y a trois types de personnes. La première ne s'occupe pas des affaires qui ne la regardent pas. La seconde s'en occupe mais ne les dénonce pas. La troisième s'y intéresse tout en disant le contraire. Avoir des amis, des voisin, des gens en face de soit qui veulent négocier, c'est passer d'abord par la communication calme. Mais tout le monde pense différemment. C'est là le hic ! Tout le monde veut son avantage et donc ça déplait à certains. Les déceptions, les disputes, les guerres sont donc inévitables. Je viens ici de remarquer mon ignorance envers ce monde. Suis je fou ou un être trop réfléchi ? Ceux qui disent les deux, c'est alors que le monde est formé de crétins et de fous. Logique ! A moins que je ne dévoile là le secret de la vie connu par tous et caché de tous. Mais mon problème relève du manque de compréhension face à ce secret. Faire la guerre pour tuer, ce n'est pas une vie mais une survie avec une mauvaise conscience. Pour mon cas, je cherche la solitude pour fuir ou plutôt m'enfuir en douce de ce monde jusqu'à dénicher le néant total. Rien à part ces quelque lignes sorties de mon cœur ne reflète la sensibilité de l'homme que je suis. Vous avez de la haine envers certains, je n'aime aucun de vous tous. Mon désir de paix en déduit que pour bien vivre, personne ne devrait avoir d'idéal. Prendre les choses à la base, être terre à terre serait la solution. Mais en raturant toutes les règles de vie, certains en profiteront et commettrons des délits. La poésie de l'existence est ainsi faite. J'en déduis que la chose la plus douce dans cet univers où l'humain se croit l'être d'une intelligence supérieure alors que c'est un sauvage défendant son territoire comme tous les autres, est la mort. Libéré de tout souci, il repose en paix. Les décisions des acharnés n'influe plus sur lui. Seul domine son esprit.
J'ai le dégoût de l'humanité. Que s'est il passé entre l'enfant de deux ans qui sourit ravi de découvrir le monde, les couleurs, les goûts, les sons et l'adulte qui embête les autres, qui fout la merde, qui fait la guerre et tue avant d'être lui même tué ? Oui, pourquoi ce changement ? Je n'arrive pas à faire la transition. OK ! Moi aussi je suis cruel en partant de ce monde. Je fais peut être de la peine à certains mais je ne fais que suivre ma déduction. On dit que l'espoir fait vivre ! Le mien était les amis mais ma réflexion m'éloigne de leur amitié. Je ne veux pas attendre le moment où je n'en aurait plus car je désir moi aussi avoir l'occasion d'être cruel. Être cruel dans un monde qui ne l'ai pas moins, quoi de plus normal dans ce monde de fous ?
Moi fou, vous autres normaux, j'estime ne plus avoir ma place à l'intérieur de cette société. Néanmoins, si pour vous être normal c'est être cruel, c'est alors que nous n'avons pas la même conception des choses. Je m'y perds et je souhaite à présent mourir d'une façon légale par rapport à vous : celle du suicide. C'est contraire au but de la vie, mais vue mon style de réflexion, comment vivre sans gêner les autres ? Je ne peux satisfaire tout ce qui est en moi. J'ai l'impression de m'autodétruire. Autant en finir avec la vie.
Et tous ces mots, toutes ces violences qui me persécutent ! Les gens les disent, les jouent devant moi. Ils me balancent ces images insoutenables. Et je ne peux me défendre, alors je m'enfuis. S'enfuir avec l'ultime sortie : la mort. Au moins, je comprends que ma réflexion vous gène, vous, personnes de guerre, soldats de sang froid, enfants ayant oublié la douceur de l'amour. Où est passée la société qui faisait une politique par des mots, des lois pour supprimer la violence. Celle ci permettait de vivre une jeunesse, de protéger ceux que l'on aime et de leur apprendre ce que nous avons nous même appris augmenté de nos découvertes. Ceci afin qu'ils aient le même pouvoir et que nous puissions nous éteindre en toute sérénité. L'enseignement que nous aurions accordé aurait ainsi été perpétué. L'anarchie est revenue et a tout détruit. Où est passé ce sens de la justice ? Comment peut on apprendre aux jeune à vivre conformément si nous détruisons toutes formes de conformité ?
Pour éviter la solitude dans la recherche de l'amour, j'attaque le mal par le mal en me mettant seul pour l'éternité. Aimer celle qu'on déteste... Drôle de fantasme ! Au lieu d'être malheureux en vie, je préfère être rongé par le temps. J'ai repris souvent espoir dans ma vie. Je me suis battu contre la fatalité que la vie m'avait imposé dans les tempêtes de mon existence. Mais cette fois, j'en ai assez, je ne crois plus au bonheur. Ma conscience me travaillera. Alors j'abandonne. Peut être que personne ne comprendras cet écrit. Je deviens peut être fous. Je n'en sais rien et je m'en fous. Le suicide empêchera qu'on remarque ma folie. Et alors ! Je m'en fous. Je veux seulement disparaître, ne jamais avoir appartenu au genre humain. Je ne veux pas attendre ne plus pouvoir contrôler mes actes ou ma réflexion... Réfléchir ! C'est justement là mon problème. Je suis fous simplement parce que je réfléchis de trop. Je me pose beaucoup de questions, ce qui, je le sais, nuit à ma vie. Je suis à un point de non retour. De plus, la mort me fera peur que si c'est un autre qui me tue. Je veux être le seul décideur du moment de l'acte fatale. Non non ! Cher lecteur qui trouvera ce carnet. Je ne suis pas mort idiot, mais fou par ma réflexion.
Pourquoi tout le monde évite d'épiloguer avec moi ? Ont ils peur de penser, l'espace d'une seconde comme moi ? Je m'égare ! Personne n'est sensé connaître ma détresse. Peut importe ! J'ai écrit mon ressentit. Je n'oblige personne à lire mes écrits, mais je veux quand même que l'on sache le pourquoi de mon suicide. Si vous n'avez pas envie de vous embêter avec mes écrits, soit ; soyez heureux par votre méthode de vie. Je me sacrifie. Si vous continuez ensuite à vous battre, soit, ce ne sera plus mon problème. Le monde de l'au-delà est sans doute moins cruel que le monde des vivants. En tout cas, moi je suis seul et je n'est pour amour que celui de la mort.
La mort ?... Pour moi, c'est être seul dans une caisse de bois afin de périr malgré soi, se sentir grignoter pas les vers, ressentir l'air entre mes os et ne m'apercevoir que je ne suis que poussière. Oui, tous ces êtres qui se font la guerre ne sont que des tas de poussières qui gesticulent.
En fait, j'ai été condamné dès le début de ma vie. Je n'ai jamais appris à vivre la cruauté. J'ai passé la plupart de mon enfance dans un endroit on l'ont me soignait, où l'on est écarté de la violence. Et à la sortie, j'ai été à la pire des violences, la guerre. Je m'analyse. Vous comprenez pourquoi je me défendre et être méchant. J'ai toujours subi les décisions des autres, manquant de connaissances. J'aimerais vivre comme tout le monde, mais tout serait à refaire. Ma décision est grave, je le sais. Je ne verrai plus personne, plus de couleur, je n'entendrai plus le gazouillis des oiseaux, plus le ronflement d'une rivière qui sommeille dans le fond de son lit; bref : plus rien. Mais plutôt que de gêner le monde par ma réflexion, je préfère partir.
Robert Proust a dit : << Deux route s'offraient moi et j'ai pris celle où on allait pas. Là, j'ai compris toute la différence.>> Je vais en faire autant, vous vers la vie, moi vers le néant. J'espère seulement avoir le temps d'en comprendre la différence. Je ne dis pas que je vais vers l'inconnu sans peine. Oui, je suis comme un saule pleureur. Je baisse la tête, je baisse les bras, je ne sais plus où j'en suis. Lorsque j'ai découvert le monde dans lequel je m'étais engagé, ma volonté de survivre s'est transformée en son contraire. Sous la dictature de la cruauté, je ne peux rester gentil avec tout le monde comme l'est mon souhait. Le problème, je l'est déjà dit, je ne sait pas me faire respecter. Je doute que quelqu'un ne veuille me l'apprendre, et comme je fuis, tout le onde va avoir une mauvaise opinion de moi. Oui, il me faut partir de suite avant d'avoir une mauvaise réputation. Je fais je seul pour vivre et vu les conditions, je ne veux pas que cela change. Oui, je me sépare de plus en plus de la réalité. Ma raison fusionne avec la folie. Je garde mes pensées et par conséquent personne ne me corrige, ne me rectifie et m'explique ainsi le sens de la vie. Je marche sur un fil. D'un côté la mort, d'un côté la vie. C'est à moi de choisir, c'est à moi de tomber. J'ai la plus grosse emmerde qu'il soit, celle d'être le problème de moi même. Je ne peux l'avouer, j'ai peur d être ridicule. Encore une fois je suis coincé pour ne pas tomber dans la case fou. La manière la plus douce est de me tuer. Mais faisant ceci, je passerai pour un fou. Que faire ? Je réfléchis de trop dans les deux côtés. A moins que... Oui, cette fois j'en suis sûr : ce sont les fous qui savent réfléchir. Mais me concernant, je ne veux pas emmerder le monde, les innocents par mes idées. Je ne veux pas faire comme ces dictateurs de la violence. Plus vite je serai mort, moins je vous embêterai avec mes idées malgré ce livre. De toute façon, j'ai laissé une trace derrière moi, une trace anonyme : ce cri de la vérité entre la raison et la folie.
Être seul dans la vie, a quoi bon ? Autant être seul dans une tombe. De toute façon, il faudra y passer, et maintenant que le petit détail qui me maintenait en vie a été exprimé, expliqué par cet écrit, je peux partir l'esprit saint, sans désir de vengeance face à votre monde. J'espère qu'on ne se retrouvera jamais. J'ai seulement le regret de partir sans savoir si je suis vraiment fou ou normal...
***FIN***