

YANN GABOREAU
Scène 1
(Une dizaine de manifestants noirs entrent sur scène du côté jardin avec une banderole au slogan : <<Liberté pour tous>>.)
L'un d'eux : Manifestons contre ce pouvoir raciste par ses réformes. Ces hommes mettent notre avenir en danger. Agissons avant qu'il ne soit trop tard.
Un second : Oui, il a raison. Notre rébellion servira d'exemple à nos enfants. De même, leur liberté est en jeu.
Un troisième : Exactement ! Nous ne souhaitons pas faire un retour vers le passé où nos aînés ont été maltraités. Non ! Nous ne voulons plus de discrimination, plus d'esclavage, plus de génocide. L'égalité pour tous, dans tout les domaines. Nous demandons à être considérés comme des êtres humains, rien de plus.
Tous : Vive la liberté !...
Le premier : Chers amis !... (La foule se calme) Chers amis, je vois votre volonté de révolte non nuancée de doute. L'heure n'est plus à la parole, ils ne nous prêtent aucune attention. Passons aux actes et faisons bouger les choses. Ceux qui tomberont pendant cette guerre tomberont en héros. Allons combattre pour notre liberté.
Tous : Vive la liberté !...
Le premier : Allons combattre sans peur et sans regret !...
Tous : Vive la liberté !...
(Ils sortent côté cour, Lorenzo et Ahmed entrent côté jardin)
Lorenzo : Comme c'est étrange ! Il me semblait pourtant avoir entendu des cris venus d'ici à l'instant. Voilà qu'il n'y a personne.
Ahmed : Je m'en étonne autant que vous. Sans doute n'était ce qu'une équipe de révolutionnaires. D'autres rassemblements lui succéderont certainement.
Lorenzo : J'opte pour suivre les traces du groupe qui nous précède. J'ignore si, outre votre couleur, vous avez d'autres motivations à votre révolte, mais en ce qui me concerne, vous les connaissez. La démangeaisons me gagne.
Ahmed : N'oublions pas que nous sommes dans un système civilisé.
Lorenzo (Étonné) : Civilisé !? Je ne dirais pas ça. Nous sommes des gens obligés de se battre pour survivre. Une incompréhension m'occupe quand à la motivation de votre volonté. De quel côté êtes vous ?
Ahmed : Comprenez ! Un homme seul se sent plus vulnérable qu'un groupe.
Lorenzo : Pour ma part, peu importe si personne ne me suit.
Ahmed : Comment ferez vous ?
Lorenzo : Je ruserai. Un homme seul se confond plus facilement qu'un groupe.
Ahmed : Vous paraissez si sûr de vous.
Lorenzo : Oui ! Et personne ne m'empêchera d'agir. Hier j'ai péché par le mensonge, aujourd'hui c'est lui qui va me servir pour me rapprocher de ma victime. Allons y !
(Alors qu'ils se dirigent vers le côté cour, sept manifestants noirs reviennent sur leur pas. Deux d'entre eux s'arrêtent devant Ahmed et Lorenzo, les autres sortent côté jardin.)
Ahmed : Que faites vous ? Que se passe t-il ?
Le premier : Ils ont abattu trois d'entre nous. Nous nous sauvons car ils ont un effectif plus grand. (Il se tourne vers Lorenzo) Qui êtes vous ?
Ahmed : Il est des nôtres, ayez confiance.
Le second : Qu'est ce qui nous prouve que ce n'est pas un espion ?
Lorenzo : Mais...
Ahmed : Non ! Je vous assure que cet homme a le sens de l'humanité.
Le second : Je doute qu'...
Une voix cri sur le côté cour : Rebroussez chemin ! Dernière sommation avant réouverture du feu.
Le premier : Arrêtez ! L'heure n'est pas à la dispute mais à la fuite. Allons ! Calmez vous et venez. (Il sort côté jardin, Ahmed le suit ainsi que le second. Ce dernier retient Ahmed du bras.)
Le second : Que fait il à rester là ? Je paris qu'il les attend. Sale traite ! (Agressif, il se dirige vers Lorenzo. Ahmed le retient par le bras.)
Ahmed : Non ! Calmez vous. C'est un homme en qui l'on peut avoir confiance. De plus, si les racistes vous prennent à massacrer cet homme, soyez certains qu'ils vous passeront par les armes. Allons venez, je vous en prie.
Lorenzo : Merci.
Ahmed : Allez y, dépêchez vous ! Allez accomplir votre vengeance. Et surtout, bonne chance.
Lorenzo : Bon courage à vous aussi cher ami.
Le second : Qu'a t-il a accomplir ?
Ahmed (Se tournant vers le second) : La menace est imminente, venez. Je vous expliquerai ses raisons de révolte plus tard. (Ils sortent)
Lorenzo : A nous maintenant ! J'ai un compte à régler. (Il lève les bras. Quinze partisans rentrent côté cour, des armes blanches et à feu à la main.)
L'un d'eux : Que faîtes vous là ? Qui êtes vous ?
Lorenzo : Arrêtez, par pitié, ne tirez pas, je suis des vôtres.
Un second : Qu'on le fouille !
Lorenzo : Vous pouvez me fouillez, je ne suis pas armé.
Le premier (Désignant du doigt deux partisans) : Vous ! Fouillez le. Les autres, continuer d'avancer. Et surtout battez en retraite si vous ne maîtrisez pas la situation.
(Les partisans désignés sortent côté jardin pendant que deux autres fouillent Lorenzo.)
L'un des fouilleurs : C'est bon, cet homme n'est pas armé.
Le premier (Plus calmement) : Que faites vous ici ?
Lorenzo : Je me... Je me cachais car les noirs sont revenus par ici. Je crois d'ailleurs que c'est eux que vous poursuivez.
Le premier : Oui, peut être. Vous pouvez baisser les bras.
Lorenzo (Baissant les bras) : Je vous rejoignais justement afin de combattre à vos côtés quand je les ai entendus venir. J'ai eu peur, j'étais seul sans aucune arme sous la main. In extremis, j'ai découvert une cachette de fortune.
Le premier : Venir jusqu'ici désarmé est une imprudence importante. (Il sort de sa gaine un poignard et le tend à Lorenzo) Armez vous de ceci, vous pourriez en avoir besoin.
Lorenzo (Saisissant le poignard) : Je veux me battre pour la nation contre les étrangers.
Le premier : Vous êtes un brave homme et c'est de cela que nous avons besoin.
Lorenzo : Non ! Seulement un homme qui assume ses propres engagements. En votant contre les étrangers, je jurais de défendre le politicien, saint homme, qui se présentait à cet effet. Mon vœux le plus cher est de le féliciter de sa victoire en personne.
Le premier : Cher ami ! Connaissant personnellement cet homme, je peux vous promettre de vous le présenter ultérieurement. Pour le moment, nous devons accomplir son ordre : repousser les étrangers au dehors des frontières.
Lorenzo : A ce propos, c'est lui qui régit les différentes équipes au travers le pays ?
Le premier : Oui en effet ! Mais Pourquoi ?
Lorenzo : J'ai plusieurs informations à lui transmettre. Ce sont des plans d'attaque des étrangers pour les prochains jours. Je les ai obtenus en remontant caché au travers le pays.
Le premier : Confiez les moi, j'irai les lui transmettre.
Lorenzo : Je ne suis pas un bon guerrier et je pense donc que vous êtes plus utile que moi sur le terrain.
Le premier (Faisant quelque pas en réfléchissant silencieusement) : C'est entendu ! Je vais vous faire accompagnez jusqu'à lui. Vous deux ! Escortez le. Ne perdez pas de temps surtout.
(La scène s'éteint)
****
Scène 2
(La scène s'allume. Au milieu, le chef d'État est assis. A ses côtés, deux gardes du corps sont armés. Un messager entre côté jardin.)
Le messager (Saluant le président en mettant un genou à terre) : Monsieur le président ! (Il se relève) Je viens vous informer de l'arriver de l'un de vos partisans. Il dit qu'il a des informations à vous confier. Celles ci sont en rapport avec les stratégies d'attaques de nos ennemis. Il a insisté pour ne parler qu'à vous.
Le président (Souriant) : Et peut on savoir comment il a obtenu ces renseignements ?
Le messager : Il prétend les avoir recueillies pendant son trajet jusqu'ici. Il désire combattre à nos côtés.
Le président : Je suis pressé de connaître ce valeureux citoyen prêt à sacrifier ceux qui n'ont pas leur place dans notre société. Aller le chercher ! (Le messager sort côté jardin) Eh bien il existe encore des partisans qui me rejoignent pour soutenir mes idées. La victoire sera sûrement aisée et la bataille sera de courte durée.
(Le messager entre côté jardin suivi d'un partisan et de Lorenzo)
Le messager : Voici l'homme faisant l'objet de mon annonce de tout à l'heure.
Le président (Se tournant vers le partisan) : Alors très cher ! Comment se portent les combats au front ?
Le partisan (Saluant le président) : Les étrangers recules.
Le président (S'adressant à Lorenzo) : Et vous ! Il paraît que vous avez des informations à me livrer aux sujets des stratégies de nos ennemis : est ce exacte ?
Lorenzo (Se rapprochant du président) : Le peu d'informations confié de ma part à vos serviteurs n'a pas été déformé.
Le président : Ce sont de fidèles protecteurs de ma politique, je les en remercie.
Lorenzo (Se rapprochant de sorte que le Président soit à sa porté ) : Et pourtant cette fois, ils ont été trompé. (D'un geste brusque, il sort le poignard de sa ceinture et porte un coup au président. Celui ci l'esquive de justesse et repousse Lorenzo. Les gardes neutralisent Lorenzo qui ne cesse de se débattre) Arrêtez ! Lâchez moi ! Je dois accomplir ce meurtre.
Le président (Désemparé mais se reprenant rapidement) : Pourquoi ?... Pourquoi agissez vous ainsi ?...
Lorenzo : Car votre politique ne mérite pas d'être.
Le président (d'un ton sévère) : Ah !... Je comprend ! Vous êtes un traître.
Lorenzo : Votre ivresse du pouvoir vous expose à la merci de tous mensonges, j'en suis la preuve. Un homme aussi malveillant que vous est aujourd'hui à la tête de la nation. J'ai honte d'être de celle ci.
Le président : Ainsi vous êtes de l'opposition.
Lorenzo : Peu importe qui je suis. Mon devoir est de vous tuer et je compte accomplir cet acte. (Il recommence à se débattre mais il est tenu par les gardes.)
Le président : Des menaces ! Oh oh !... Votre énumération de défauts à ma défense servira, vous pouvez en être certain. Néanmoins, je m'étonne quelque peu de votre façon d'agir.
Lorenzo : Le malaise est trop grand. Il m'est insupportable de regarder un être comme vous sans agir. De plus, il était plus facile de vous approcher ainsi.
Le président : Voici quelqu'un qui ne peut contrôler ses pulsions de révolte. Mais pourquoi avoir agit seul ?
Lorenzo (Recommençant à se débattre en vain) : Parce que vous avez tué mon fils.
Le président : Ah !... Nous y voilà ! C'est donc une vengeance personnelle.
Lorenzo : Pas seulement ! Au nom de l'humanité, un parti comme le votre mérite pas d'exister. (Il s'effondre)
Le président : Et voilà qu'un homme incapable d'intenter à ma vie me fait la morale ! Sachez que je n'accepterai cela de personne. Gardes ! Emprisonnez cet odieux personnage. Il sera jugé lorsque nous aurons totalement éradiqué l'opposition.
Lorenzo (Se faisant porter hors de la scène, côté jardin) : Et vous êtes là, assis à donner des ordres. Ce n'est pas vous qui irez pleurer vos morts. Vous vous féliciterez plutôt de votre victoire. Mais celle ci n'aura pas lieu. (Les deux gardes sortent avec Lorenzo.) L'opposition gagnera...
Le président : Enfin un peu de calme. Néanmoins, vous deux, vous devriez être puni de votre
imprudence. Je me montrerai indulgent pour cette fois, espérant que cela ne se reproduira pas et que vous en tirerez une leçon. Par ailleurs, étant donné que la victoire aux élections a été difficile, je vous demande de ne pas perdre d'hommes par des erreurs comme celle ci. Avertissez toute les garnisons : il faut se méfier. Me suis je bien fait comprendre ?
Le messager et le partisan : Oui Monsieur le président.
Le président : Très bien ! Vous pouvez disposer. (Le messager et le partisan sortent côté jardin) Par ailleurs, moi aussi j'ai manqué de méfiance. Étais je trop heureux de pressentir la victoire au bout de cette guerre ? Peut être !... Quoi qu'il en soit, je dois me montrer plus rigoureux.
(La scène s'éteint)
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Scène 3
(La scène dévoile l'intérieur d'une cellule. Sur le côté jardin, une banquette. Une porte s'ouvre dans le fond. Lorenzo est poussé brutalement par les deux gardes et tombe à terre. Les gardes sortent et ferment la porte brutalement)
Lorenzo (Revenant contre la porte et tapant du poing contre celle ci) : Laissez moi sortir ! Écoutez, je vous en prie, laissez moi sortir. (Il tombe à genou appuyé contre la porte) Trop tard ! Ils sont partis. Je ne suis qu'un minable. Je n'ai pas su accomplir mon devoir. La seule contrainte était la majorité. Celle ci m'a arrêté, j'ai tout perdu. Je n'ai toujours été qu'une ombre dans la société. Aujourd'hui, je suis descendu au plus profond des gouffres. (Il se relève) Devoir observer le ciel pour effectuer les retrouvailles avec ceux qu'on a toujours aimés mais trop souvent ignorés... Ce ciel... Peut être ne le reverrais je jamais. Ma sortie de ce cachot empruntera peut être le chemin du peloton d'exécution. Plus jamais je ne pourrai leur demander pardon, plus jamais je ne leur confierai mes sincères regrets. Non, plus jamais... Plus jamais je ne pourrai... J'emporterai ces paroles dans ma tombe tel un secret, un secret qui me rongera pour l'éternité au plus profond de mon âme. Mais aujourd'hui, (Il lève son regard vers le ciel, celui ci devient de plus en plus rouge.) j'implore votre pardon ; et aujourd'hui, ce ciel est rouge, rouge comme le sang. Peut être est ce celui des victimes de cette guerre qui s'évapore vers le ciel avec leur esprit. Comment se présentent elles au purgatoire ? (Il regarde le public et fait quelque pas) Nous sommes tous des assassins, des animaux qui défendent leur territoire et qui en conquièrent d'autres. La société est redevenue nature. (Il lève les mains à sa figure, puis les ôtes) Je suis exaspéré face à son comportement. Arrêtez ! Arrêtez ces massacres. Pères, fils, frères et autres, nous y sommes tous, citoyens du monde avec nos différences. J'ai le dégoût de l'humanité. Que s'est il passé entre l'enfant qui sourit ravi de découvrir le monde, les goûts, les couleurs, les sons... et l'adulte qui insulte, fout la merde, fait la guerre et tue avant d'être lui même tué ? Le regard vers la société. Mais néanmoins, je n'arrive pas à faire la transition. Et pourtant, je connais le prologue de mon arrivée ici. Le regret s'empare de moi vis à vis de mes actes envers ma femme, envers mon fils. Par mon silence, j'ai prouvé que le rien faisait parfois du mal. Mon adultère m'a mené jusqu'ici. Nicolas ne serait jamais allé se sacrifier sans son besoin de vengeance. Il avait prévu de me punir de sa solitude, ceci peut être depuis la mort de sa mère. Il n'envisageait alors aucun avenir, tout son travail à l'école n'était que pur illusion. (Il respecte un instant de silence, puis s'écroule à genou. Au fur et à mesure de ses paroles, le ciel redevient noir.) Je me lance encore une fois dans mes suppositions. Il ne pouvait prévoir cette guerre depuis si longtemps. J'oublie également sa tolérance vis à vis de moi, vis à vis du vote. La folie s'empare de mon esprit. J'ai honte d'avoir prétendu pouvoir défendre l'humanité. Aujourd'hui, je suis un moins que rien implorant de la pitié à un système qui n'en détient pas. (Il se relève) Mortels, je fais appels à votre bon sens, ou du moins ce qui vous en reste. Nous sommes des hommes séparés par des frontières, mais des hommes avant tout. Comment voulez vous uniformiser des origines aussi différentes que lointaines ? Est ce que la complexité humaine n'a pas pour objectif la compréhension de chacune des différences ? Qui a le droit de supprimer l'étranger ? Nous sommes tous étranger d'un autre ? Aujourd'hui, entre religion, politique, race et nationalité, j'ai réellement le vertige. La lumière de ma lampe éclaire la nuit pluvieuse de mes larmes. J'emprunte cette voie avec ce terrible doute que celle ci soit sans issue. Cette lumière s'atténue au fur et à mesure que je marche, au fur et à mesure que je perçois la fin de ma voix, la fin de ma vie, la fin de tous droits. Et pourtant, j'ai encore dans l'esprit l'utopie d'une paix éternelle. Mais je ne suis qu'un homme et eux le pouvoir. Comment se sentiraient ils s'ils étaient expulsés ? Comment se présenteront ils au purgatoire ? Pour le moment, ils se contentent de l'attribution de la nature telle qu'elle est. En m'emprisonnant, ils suppriment mon cri ; en me condamnant, ils finiront ma vie. Je n'ai même pas réussi à venger mon fils. Je souhaite à présent la victoire des étrangers. Celle ci constituera la belle de mon histoire. Mon livre pourra alors définitivement se fermer. Je ne suis ni terrorisé, ni désespéré, seulement déçu du genre humain. (Il lève brusquement les bras et regarde le ciel. Celui ci devient clair d'un seul coup.) Oh dieu que je déteste, la fatigue m'enfouit dans un labyrinthe, une folie que je ne pourrai affronter.
(La scène s'éteint)
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Scène 4
(La scène reste éteinte, des voies s'élèvent)
Une voie : Chers amis, nous venons de remporter la guerre. La nation redevient pure.
Une autre voix : La patrie aux patriotes.
(La scène s'allume. Lorenzo, décoiffé et mal habillé, est assis sur le bord de sa couchette, le regard baissé.)
Lorenzo (D'un ton désespéré) : La révolution a échoué, la réforme va l'emporter. Ici, la vie d'aujourd'hui est rigoureusement identique à celle d'hier, et celle d'hier au passé. La mort y règne. Et demain ? Quelle écriture connaîtra cette date ? Bien que la partie soit jouée, la balle sera sûrement dans mon camp : je serai jugé. Que dire maintenant que cette guerre est finie ? Je l'ignore. Peut on choisir les mots que l'on prononcera avant le dernier souffle ?... J'accuserai ce système qui ne me convient pas. J'en ai assez de cette schizophrénie. (Il se met les mains sur le visage, les enlèves et se lève.) Je jetterai définitivement mon masque afin d'exprimer ce que je pense au tréfonds de mon âme. C'est comme une danse où reflète le mépris. Ce ne sera pas seulement ce que je pense, mais aussi les idéaux que je veux écrire dans l'histoire par ma plaidoirie. (Il pivote) Mon cri de victoire de la vérité est une chanson engagée sur une musique de tragédie. (Il balance de droite à gauche, les mains en balancier devant lui) J'ai le regret.... (Il regarde ses mains) de devoir peser... le bien, le mal, la vertu, la corruption. Je ne peux m'inscrire en l'un d'eux, alors... Alors je recule et je juge. (Il suit le mouvement de ses paroles) Dans ce monde où le blanc est parfois noir et le noir est parfois blanc... (Il lève les yeux face au public) Mais qui suis je pour me permettre ceci ? Un homme ne pouvant préserver une famille, trompant sa femme, ignorant son fils. Mais que plaider ? Ma famille ou le monde ? Je vais devoir choisir... (Il laisse tomber ses bras puis après un court instant de silence) Je ne peux désormais plus rien sauver en ce qui concerne mes proches. Le choix est donc fait : c'est l'ultime chance.
(La scène s'éteint)
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Scène 5
(Trois coups de marteau, la scène s'allume, Lorenzo derrière une barre face au public.)
Une voix : La parole est à l'accusé, inculpé de l'attentat qui a échoué.
Lorenzo : Aujourd'hui, je ne brave pas la violence des hommes, je raisonne la justice afin qu'elle remette le commun des mortels dans le droit chemin. Oui ! Probablement que j'ai tort d'écrire contre ce monde que je hais plus fort que tout, mais j'apaise mon désir de clamer ce qui, pour moi, est mort°: l'honnêteté des démocraties. Je suis enfermé pour avoir fait entendre la mienne. Judas ! Elles suivent cet apôtres. Observez la profondeur du savoir que nous avons tous : la cruauté des hommes à cause des guerres. Pourquoi ? Car c'est là le signe culminant d'interdiction de penser. Par quoi peut on être libre en enlevant cette liberté ? La religion est dans cette case. La croyance est un soulagement, la confiance en quelqu'un n'est que pure illusion. Je m'attaque à certains politiques qui, grâce à leur parti, s'attribuent des droits en dehors de toute logique de paix envers des individus libres de tout désir de vengeance. Je ne suis pas comme ces derniers, je souhaite que la vérité jaillisse pour que, sans tolérance, chaque violence soit retransmise à chaque auteur des faits respectifs. Scandale du muet de le rester face à la grande machination des plus grands désignés par leur fils. Leur honneur les rend fous de façon à ce qu'ils transforment leurs promesses en désirs. FN pour ne citer que le sigle. Un homme est un homme : nous n'avons pas à élaborer des cases à races humaines tout comme les bêtes. Le manque de finesse de ce groupe de personne ôte toute leur dignité. Je désigne tous ceux qui croient qu'une politique bien établie est celle qui ne s'écroule jamais. Je pense que c'est celle qui reconnaît ses torts. J'accuse ceux qui vivent selon la société. J'admire l'indépendance de la liberté. Les gens que j'accuse cracheront peut être sur mon nom. Peu importe ! Je vais être condamné, cette condamnation servira d'honneur à ma cause : ressusciter le chemin des portes de la vérité pour les gens qui osent s'élever au dessus des personnes. J'accuse ces gens qui s'entretuent pour des religions. Les cloches sonnent leur rassemblement pour la vertu de la croyance mythologique établie par des hommes beaucoup moins instruis que ceux de maintenant. Secte, appelle t-on aujourd'hui le groupement de ceux qui en fondent une ! J'accuse le faux respect de chaque individu qui répond au mal pour plaire à leurs envies. Vrai ! Si chaque êtres vivant représentent une flamme, alors nous vivons dans un feu glacé. Voyez la passée, présente histoire du rite malheureux... Voyez le monde où nous allons ! De la haine entre tous. Nos ancêtres l'on semée, nos fils vont la récolter. Il ne tient qu'à vous de l'abandonner à l'entretient. Allons ! Bougez vous s'il vous reste un brin d'humanité dans l'âme au lieu de languir comme des machines exécutant les ordres jusqu'à la mort ou jusqu'au remplacement d'une nouvelle technologie de la société : la jeunesse qui terminera votre travail. Faites le, sinon : Allez y ! Le produit de cette entreprise tombera comme il est déjà tombé dans le passé. Et dire que c'est moi qui suis en cellule aujourd'hui pour mes idées de défenseur de la paix. Ne voyez vous pas que les combats détruisent les hommes ? Pas seulement les victimes, les perdants de la guerre, mais aussi les victorieux. A cause des horreurs qu'ils y voient, ils se transforment toujours un peu. En mal ? En bien ? Cela dépend de l'individu. J'accuse le soldat revenant au milieu de sa famille en disant à chaudes larmes qu'il les aimes plus fort que tout. J'accuse son amour qu'il avoue un peu tard? Je l'accuse surtout de devoir faire la guerre pour s'apercevoir qu'il aime ses proches. Foutu arnaqueur ! Il fonde une famille pour se soulager de sa peur passée.
Mon Dieu ! Toues ses accusations que je forme ne serviront à rien. C'est moi que la société juge et non l'inverse. Il est vrai aussi que ce soulagement n'aboutira à rien car il est plus facile d'enfermer un homme que de vider des régions. Je fais seulement ceci dans l'espoir qu'un être, libre de tout a priori essayera de me comprendre. En ce point, la loi de la société rejoint celle de la jungle, sauf qu'ici ce n'est pas le plus fort mais la majorité qui gagne... Mon Dieu ! J'accuse ce monde. Il est clair que la violence de cet échiquier ne me convient pas. Abattez vous même le roi. Choisissez le bon en couchant le mauvais et tout s'arrêtera. Mon Dieu ! Si tant est que j'en ai un, séparez mon esprit de mon corps si le tort n'apparaît que dans ma réflexion. Seigneur ! Le peuple que vous avez créé se déchire totalement et vous ment dans ses prières. Ses prières, sous toutes formes qu'elles soient, vous font savoir que ces <<humains>>, quel mot étrange que celui ci, sont rassurés de savoir que tous les hommes seront réunis dans votre royaume par leur esprit. Parmi ceux ci certains sont des menteurs, sans s'en rendre compte peut être. En effet, ces exceptions qui deviennent majoritaires ne supportent pas certaines personnes de leur vivant. Passer par le pardon ? D'accord ! Mais ceci n'excuse pas tout. Le racisme est une de ces idées que l'on ne peut excuser. Alors lorsqu'ils déclarent dans leurs cérémonies religieuses, être heureux de tous appartenir à votre royaume, je crois dur comme fer que ce peuple là vous exploite par la gentillesse. Vous leur ouvrez ainsi vos portes pour que leur peur de la mort soit moindre. Heureusement, ils ne sont pas tous comme cela.
Que puis je dire d'autre ? Je ne dirai pas tout. Une vie ne suffirait pas pour dénoncer toute les erreurs des hommes. Il ne leurs reste plus qu'à reconnaître et corriger eux mêmes leurs erreurs dont je m'abstiens de les accuser. Et si vous le souhaitez, accusez moi de me taire, mais dans ce cas là, c'est que vous seriez d'accord avec moi. L'accusation que vous portez contre moi, je ne la connais pas, je suppose juste : j'ai le courage de vous dénoncer, vous, la majorité ! Évidement, de ce fait je vous gêne et c'est pour cela que l'on vous donne le droit aujourd'hui de décider de mon avenir. Puisque c'est ainsi, faites, mais ne regardez pas la pensée de votre groupe par rapport à ce que je vous ai exposé, mais celle qui régit en chacun de vous. (Il baisse la tête, trois coups de marteau retentissent alors que la scène s'éteint).
La voix : Les huissiers ont ils rendus leur verdict ?
Une seconde voix : Oui Monsieur le Président !
Une troisième voix : Nous, la cour, déclarons l'accusé coupable et le condamnons à mort. (Trois coup de feux retentissent en même temps que des flashs de lumière. On entend un corps tomber. Une lumière éclaire le corps de Lorenzo puis s'éteint).
* FIN *
Original fini le lundi 6 mars 2000 à 23 heures 45 minutes.
VERTU OU CORRUPTION
ACTE V