

YANN GABOREAU
Acte 1
(Le décor : La scène est une cour de ferme, le fond de la scène est le porche donnant sur la route. Une botte de paille est sur le côté droit du porche. Le côté jardin est la maison et le côté cour est l'étable. Gustave, habillé de botte, d'un bleu de travail et d'une casquette de paysan, est seul sur scène, parle à son téléphone portable.)
Gustave : Bien Monsieur le curé. Venez quand bon il vous semblera, nous serons heureux d'offrir comme chaque année quelque fleurs pour agrémenter l'église. Entendu ! Au revoir . (Il raccroche le téléphone.) Henriette ! Henriette !
Henriette (Entrant sur scène depuis le côté jardin.) : Quoi !...
Gustave : Eh bien ! Tu pourrais me répondre mieux que cela.
Henriette : Au bout de quarante ans de mariage tu ne veux tout de même pas que je te réponde : Oui mon petit ange.
Gustave : Oui surtout qu'on en ai plus très loin.
Henriette : De quoi ?
Gustave : Be des anges tiens. Bref c'est pas d'ça que je veux t'parler. Le curé du village vint de m'appeler. Il vindra dans quelques instants choisir quelques fleurs. Ceci pour agrémenter l'église pour la communion qui a lieu dimanche.
Henriette : Et bien, ça me donnera quelque chose à faire faire à ton frêre qui devrait déjà être arrivé d'ailleurs. Il fera les bouquets.
Gustave : Tu sais bien que Barnabet à horreur de se salir les mains. Il préfère rester devant son ordinateur de la bourse où il travaille à Paris. Il nous fait déjà plaisir en venant passer quelque jours de vacance ici...
Henriette (à part) : Le plasir pour toi peut être...
Gustave : Qu'est ce que tu causes ?
Henriette : Hein, moi ! Je disais le plaisir partager par tous.
Gustave : Mouai... C'est pas ce que j'croyais avoir entendus.
Henriette : Pas étonnant qu'il n'est pas de femme si il est toujours devant son machin à bouton.
Gustave : Mais qui c'est que tu barragouinnes dans mon dos comme ça, hein !
Henriette : Que j'ai fini de préparer sa chambre.
Gustave : Ah be y a intérêt ! Bon allé m'en vas réparrer cette barrière que les chèvres m'ont cassé ce matin. (Sort côté cour)
Henriette : Ouai ! Par contre il ah toujours été aussi facile à roulé depuis 40 ans. (On entend un claxon) Tiens ! Et voilà le frêre qui arrive.
Barnabet (entrant sur scène, bien habillé, costume cravate) : Salut !... Comment va ma belle soeur préférée.
Henriette : Bien merci, mais en même temps je suis la seule alors.
Barnabet : La seule quoi ?
Henriette : Mais ta seule belle soeur pardis vu que tes parents ont eu que deux fils. Enfin bref ! Et toi alors, comment vas tu ? Et combien de temps restes tu ici ?
Barnabet : Oh quelque jours comme d'habitude tu sais bien. Les affaires à Paris ne nous laisse que très peu de répis. Et puis figure toi que j'ai monté en grade maintenant.
Henriette : Ah mais ça s'arrose ça dit !
Barnabet : Mais j'y compte bien. J'ai d'ailleurs dans la voiture quelque bouteilles qui n'attendent que cela.
Henriette : Ah ba si tu les a pris à Paris il faudra tout de même les mettre au frais avant de les boire.
Barnabet : Ne t'inquiète pas, je les ai emmenées dans une glacière. Mais je vais tout de même les mettre au frais.
Henriette : Ah be oui vaudrai mieux !
Barnabet : Mais où est mon frêre ?
Henriette : Hein de qui ?
Barnabet : Et bien Gustave ?
Henriette : Ah oui, celui là ! Oh il est parti à l'étable réparer une barrière. Oh tu sais, il n'aime pas beaucoup les vacances lui.
Barnabet : Je me souviens qu'il ne pouvait pas rester sans bricoler quelque chose quand nous étions jeunes. Remarque, c'est vrai que j'ai 15 ans de moins que lui et donc que je l'ai toujours considérer comme un deuxième père en quelque sorte. Et tu sais quoi...
Henriette : Non quoi ?
Barnabet : Je suis finalement bien content que ce soit lui qui ai resté travailler à la ferme après la mort de nos parents.
Henriette : Ouai, ça te permet de passer des vacances gratos comme ça.
Barnabet : Je te rappelle que venir ici me rappelle un peu mon enfance.
Henriette : Ouai, c'était l'époque où tu mangeait gratos sur le dos de tes parents, je comprends.
Gustave (Entrant) : Eh... Mon cher frêre, je ne t'avais pas entendu arrivé. (Accolade avec Barnabet)
Barnabet (souriant) : Gros menteur ! Il me semblait pourtant avoir fait assez de bruit.
Henriette : C'est qu'il est sourd quand il est occupé à autre chose, j'en sais quelque chose.
Gustave : J'espère que tu ne t'es pas laissé embêté par ses histoires de bonne femme.
Barnabet : Non, ne t'inquiète pas, elle est très charmante ta femme.
Henriette : Oh... Ca cache quelque chose ça tient.
Barnabet : Je suis d'ailleurs heureux de la revoir à chaque fois que je viens chez toi mon cher frêre.
Gustave : Ca s'voit que tu ne la vois pas au réveil le matin.
Barnabet (s'approchant de Henriette) : Oh je suis certain qu'elle est brillante comme un rayon de soleil.
Gustave : Et bien dit donc, ça se voit que tu viens du nord, tu ne sais même plus a quoi ressemble un rayon de soleil.
Henriette (Furieuse envers Gustave) : Et bien merci !
Barnabet : Mais voyons Henriette, je suis certain qu'il plaisante. Enfin, laissons cela ! J'ai un petit service à vous demander. Vous savez que cela fait quinze ans que je travaille à la bourse.
Gustave : Oui.... si tu le dit.
Barnabet : Vous comprenez évidement qu'au bout de quinze ans, j'ai de bonne relation avec mes collègues et mes supérieurs.
Gustave : Naturellement !
Barnabet : Et bien euh... Comment vous dire cela ?... Mon supérieur direct est aussi celui avec qui j'ai passé mon entretien d'embauche il y a 15 ans.
Gustave : Oui ! Où veux tu en venir ?
Henriette : Oui ! Où veux tu en venir ?
Barnabet : Lorsque je lui ai parlé de mes vacances à la ferme, il a été tellement enthousiasmé que...
Gustave : Et bien qu'y a t'il ? Parle !
Henriette : Oui ! Qu'y a t'il parle ?
Barnabet : Et bien il a décidé de venir lui aussi.
Gustave et Henriette : Hein !
Henriette : Tu veux dire qu'en plus de te supporter toi, on va l'avoir aussi dans nos pattes.
Barnabet : Ah non, rassurez vous, lui et sa femme ont pris une chambre à l'hôtel de Sainte Hermine. Mais il veut connaître la vie à la campagne. Et oui, c'est un pur citadin de souche et il n'a jamais vraiment connu la vie à la campagne. Il m'a dit qu'il serait interressé de connaître le travail des fermiers.
Henriette (désemparée) : Ah be v'là autre chose.
Gustave (Ravi et fier) : Mais je serais enchanté de lui apprendre quelque rudiments de mon métier.
Henriette (Se retournant vers Gustave, étonnée) : Quoi ?...
Barnabet : Attendez, attendez, ce n'est pas si simple.
Gustave : Oh.... Mais si il faut lui fournir une cotte de travail ne t'inquiète pas, je lui en passerai une. Quelle taille fait il ?
Barnabet : En fait euh... Non, ce serait plutôt à toi de t'habiller autrement, enfin mieux si tu vois ce que je veux dire.
Gustave : Ah mais si je mets mes affaires du dimanche pour aller traire mes chèvres, je risque de me faire appeler Léon par ma femme.
Henriette (De plus en plus furieuse) : Oui tu risque oui !
Barnabet : En fait euh... Il faudrait aussi que tu changes de prénom.
Gustave : Et pourquoi donc ? Il a une phobie des Gustaves.
Barnabet : Non mais...
Henriette : A ce que tu me fatigues à faire toute tes cachoteries. Si tu nous expliquais tout clairement, ce serait plus simple pour toi et pour nous.
Barnabet (Après un instant d'hésitation où il se gratte la nuque) : Oui, finalement ta femme à raison ! Bon, Il y a quinze ans, lorsque j'ai passer mon entretien d'embauche, il m'a révélé qu'il était de la famille d'un homme politique. Moi, de mon côté, je ne pouvais pas dire que j'étais simple fils de fermier. Alors j'ai dit que j'étais issu d'une famille riche d'informaticien et que mon père avait fondé sa propre société. Suite à sa mort, c'était toi qui en était devenu le propriétaire.
Gustave : Que je quoi ?
Barnabet : Attend, il y a autre chose ? En fait, je ne lui ai jamais dit mon vrai prénom. Il a toujours cru que c'était Bernard.
Gustave : Mais Barnabet, tu n'es pas sérieux.
Barnabet : Si j'en ai peur. Il n'y avait que l'initial de mon prénom sur le CV, donc il ne pouvait pas deviner.
Henriette : Bon entendu, mais qu'est ce que le prénom de Gustave a à voir la dedans.
Barnabet : Avant qu'il m'annonce qu'il voulait venir ici, j'ai tout simplement dit que mon frêre et moi avions l'habitude chaque année de nous retrouver dans une ferme où l'habitant nous logeait gracieusement car c'était un ami de notre père. Il m'a alors demandé comment s'appelait mon frêre, je lui est répondu.... Cyril. (Devant l'attitude de Gustave et Henriette, il essai de se justifier) Vous comprenez...
Henriette (furieuse) : Et tu crois peut être que nous allons marcher dans ce manège ?
Gustave (décontracté) : Ca me va à moi !
Henriette (fortement surprise) : Quoi ?....
Gustave : Aller, cela pourrait être marrant et puis on peut bien rendre service à mon frêre tout de même, c'est de la famille.
Henriette : Faut toujours lui rendre service à celui là.
Gustave : Aller, c'est entendu ?
Henriette : Minute ! En supposant que je veuille bien marcher dans tes manigances, comment suis je censé m'appelé ?
Barnabet : Tu peux garder ton prénom. Je lui ai dit que mon frêre était resté comme moi célibataire. En fait tu pourrais te faire passer pour la femme du fermier.
Henriette : Oui be je crois que j'y arriverai.
Gustave : Mais moi il me faut des vêtements plus convenables.
Barnabet : Ne t'inquiète pas, j'en ai dans ma valise qui seront à ta taille. Tiens, faisons un premier essais, prend ma veste.
(Barnabet enlève sa veste et la donne à Gustave qui l'essaie. A son attitude, on voit qu'il se sent fier dedans).
Barnabet : Elle te va comme un gant.
Gustave : C'est vrai, tu ne dit pas cela uniquement pour me séduire dans ton projet.
Barnabet : Je t'assure qu'on croirai que tu est un homme d'affaire réputé.
(Gustave est séduit du compliment)
Henriette : Ouai ! Un homme d'affaire réputé en botte et en bleu de travail couvert de tâches.
Barnabet : Ne fais pas attention ! Bien sûr j'ai aussi tout ce qu'il te faut comme pantalon et chemise dans ma valise.
Henriette : Dites donc les hommes, vous n'oubliez rien par hasard ?
(Barnabet et gustave se regardent, l'air dubitatif.)
Barnabet : Non ! Je ne vois pas ce qui manque ?
Gustave (faisant la moue) : Moi non plus !
Henriette : Elle est bien belle votre histoire, mais il n'y a rien qui vous choque ?
Barnabet : Et bien non ?
Gustave : Mais parle voyons femme !
Henriette : Vous ne croyez tout de même pas qu'une femme comme moi va tenir seule la ferme ? Il me faudrait peut être un mari aussi.
Barnabet : Aïe, j'y avais pas pensé à ça.
Gustave : Là elle n'a pas tort.
(Le curé arrive par le porche du fond.)
Le curé : Bonjour messieurs ! Ah et bien, ravi de te revoir Barnabet. Combien de jour restes tu ?
(Barnabet et Gustave se regardent, l'air ravi, comme ayant trouvé la solution.)
Barnabet : Mais la voilà la solution.
Fin de l'acte 1