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Scène 1

 

(Une pièce ! Au milieu, un canapé derrière une table basse. Un miroir est posé sur la table basse. A côté du canapé, un petit meuble, des verres et des bouteilles sont à l'intérieur et un échiquier est situé sur ce meuble. Une table et une chaise sont situées côté cour. Une veste et une cravate sont posées sur le dossier de la chaise. Une porte s'ouvre dans le fond.)

 

Lorenzo : Entrez, chère demoiselle ! Cette demeure vous accueille comme si vous y habitiez. Le pétale que vous êtes illumine toute la fleur où vous pénétrez.

 

Rose ( Entrant) : Que de politesse dans vos paroles, cher ami ! Votre comportement au travail n'est pas celui que vous adoptez en cet instant. Pourquoi donc un tel changement ?

 

Lorenzo (Entrant en second) : Vivre parmi d'autre est pour moi porter un masque pour un moment. Si je vous ai invitée ce soir, chère Rose, ce n'est pas pour parler du travail mais dans le but d'apprendre à vous connaître. Bien sûr, je peux rester sous mon profil du professionnel, mais je trouve malsain de ne pas changer de rythme de vie, de sujet de conversation. Qui donc dans sa vie intime se comporte sans laisser aller ? Le relâchement dans ces moments de solitude traduit alors la vraie nature de la personne. Malheureusement, aucun publique n'assiste à cette mise à nu. Personne ne peut ainsi connaître un individu en observant seulement le reflet qui lui fait face et qui n'est pas réellement celui de son interlocuteur.

 

Rose : Que de vérité dans vos paroles, cher Lorenzo ! La poésie que vous y mettez décore la triste réalité.

 

Lorenzo : La façon dont je vois le monde se traduit ainsi dans ma bouche, mais tout ceci à très peu d'importance. Parlons de nous ! Installez vous je vous en prie pendant que je vous sers un rafraîchissement. (Il se dirige vers le meuble.)

 

Rose (S'asseyant) : Votre demeure est ravissante.

 

Lorenzo (Remplissant les verres) : Je l'entretiens en souvenir de ma chère femme tragiquement disparue.

 

Rose : Oh, excusez moi ! Je ne désirai pas remuer de douloureux souvenirs.

 

Lorenzo (Se rapprochant de Rose) : Ne vous excusez pas. Il est vrai que je ne me dévoile pas souvent au travail. Heureusement pour moi, j'ai un fils formidable qui m'a aidé à surmonter cette terrible épreuve.

 

Rose : Quel âge à votre fils ? Parlez moi un peu de lui.

 

Lorenzo : C'est déjà un jeune homme, il a atteint ses dix huit ans.

 

Rose : N'êtes vous pas dans la frayeur d'être infidèle à votre première famille en m'invitant ici ?

 

Lorenzo : C'est un passé dont je me souviendrai, certes ; mais je tiens à rebâtir ma vie pour ne pas finir dans un délire de solitude. Se lever chaque matin et m'apercevoir que je n'ai personne à chérir auprès de moi m'est devenu une douleur insupportable.

 

Rose : Votre souffrance se comprend et votre reprise en main par vous même est un acte courageux. Votre fils à de la chance de vous avoir comme...

 

Lorenzo (Posant l'index sur la bouche de Rose) : Ne parlons plus du passé, voulez vous, mais parlons plutôt de l'avenir qui se présente à nous.

 

Rose : Comme vous le souhaitez. (Baisé avec Lorenzo.)

 

Lorenzo : Votre beauté me certifie ma raison. Avez vous, (Il se lève, Rose fait de même.) femme à qui je confie mon cœur, envisagée quelque chose en ce début de soirée ?

 

Rose : Nullement, je suis à vous.

 

Lorenzo : Allons, voulez vous, dans un restaurant tenu avec soin, extrême au niveau du délice de ses menus et où, bien sûr, j'y ai mes habitudes.

 

Rose : Comme je vous l'ai promis, je vous suis.

 

(La scène s'éteint)

****

 

Scène 2

 

Nicolas (entrant et apercevant les verres) : Je vois encore une fois que mon père a trouvé une bonne compagnie pour passer sa soirée. Est-ce le fruit d'une rencontre récente ou une de celle qui a déjà bu avant ce soir dans l'un de ces verres ? A chaque soir où je croise ces récipients, la question me revient, telle une rengaine qui s'empare de moi. (Il lève les bras au ciel) Oh mère qui êtes là haut, comment faites vous, de votre point dominant, pour accepter cette corruption que votre mari a entretenue au delà de votre mort ? Désormais libérée de votre devoir de respect envers autrui, enseignez moi l'indifférence combattant le mépris. Oui, car face à cet homme qui se dit être mon père, qui m'a inculqué comme il se doit la vertu, je ne me reconnais en aucun point. (Il prend le miroir) C'est comme si ce miroir donnait le reflet d'un être étranger à mon père. Ainsi je perd mon chemin entre sa théorie et sa pratique. (Il pose le miroir et se tourne à nouveau vers le ciel.) Excusez moi chère mère, de vous avoir caché avant votre sommeil éternel que votre mari vous trompait. Je ne vous l'ai pas avoué de peur de vous faire de la peine. Le regret est né le jour de la descente de votre corps dans votre tombe. Il me fait souffrir à présent, de plus en plus chaque jour. Mais la promesse que je vous ai faite tiens toujours : Je vous vengerai de ses actes méprisant, de ses mensonges perpétuels.

 

(La scène s'éteint).

****

 

Scène 3

 

(Lorenzo, seul sur scène, devant le miroir, se préparant à sortir. Nicolas entre par la porte du fond)

 

Lorenzo : Bonsoir Nicolas ! Comment ta journée s'est elle passée ?

 

Nicolas (rétorquant) : Peut-être puis-je espérer que tu me questionnes sur celle qui l'a précédée ?

 

Lorenzo : Pourquoi ces paroles nuancées d'un soupçon de mépris ? Tu es maintenant habitué à te passer de moi pendant deux jours.

 

Nicolas : Oh oui tu peux soupçonner de la haine contre toi et tu cherches encore à esquiver une soirée avec moi.

 

Lorenzo (Prenant sur la chaise du côté cour la veste de soirée et la cravate) : Mais il me semble que je ne t'ai jamais empêché de faire de même.

 

Nicolas (Se voilant les yeux de sa main) : Je suis fier, en respect du passé, de ne jamais en avoir été tenté.

 

Lorenzo : Pourquoi te retournes tu pour avancer ?

 

Nicolas : Je ne veux pas oublier d'où je viens comme tu sembles l'avoir fait vis à vis de ton histoire avec maman.

 

Lorenzo : L'existence est un train qui avance, l'avenir est la voie qu'on lui prête. S'arrêter sur un évènement signifie rester à quai malgré le temps qui passe sans arrêt.

 

Nicolas : Mais de quoi parles tu ?

 

Lorenzo : Je te parle du monde où tu dois t'engager. Il faut savoir prendre la bonne décision au bon moment, laisser au souvenir tout ce qui est définitivement perdu pour avancer jusqu'à l'autre quai sans regret.

 

Nicolas : Et crois tu prendre le bon train en trompant ainsi la mémoire de maman ?

 

Lorenzo : L'important est que je ne reste pas à quai. La décision ...

 

Nicolas : Oui ! Cette décision dont tu vantes les mérites ! Justifie t-elle la bonté ou alors la corruption du genre humain dont tu appliques les règles si souvent ? Met toi à ma place. J'ai plus le souvenir du visage de toute tes conquêtes que celui de ma mère.

 

Lorenzo : Ton insatisfaction reflète ton ignorance de jeunesse face à ce monde qui se présente à toi. La vertu que je t'ai inculqué pendant ta tendre enfance est un moyen de te frayer un chemin.

 

Nicolas : Et le respect envers maman ?

 

Lorenzo : Oh mon fils, je comprends ta douleur. Je peux t'avouer sans rougir que de mon côté la page n'a pas été facile à tourner.

 

Nicolas : Et c'est toujours et encore la même rengaine. Tu te pose en victime.

 

Lorenzo : Non ! J'estime que c'est mon devoir de guider ton avenir. Si par malheur il t'arrive la même chose avec ta futur compagne, n'est pas honte de faire de même.

 

Nicolas : Que dieu m'en préserve. Je ne veux pas être guidé par un personnage corrompu comme toi.

 

Lorenzo : Fils, je te pardonne ! Tu comprendras. Pour le moment, je te confie cette demeure pour la soirée. Le retard n'est pas une bonne chose en matière de relations amoureuses. (Il sort côté cour).

 

Nicolas : Et voilà ! Il me délaisse encore une fois (Il s'assied, les coudes sur les genoux, le menton entre les mains), et encore une fois ne prête aucune attention aux prières que je lui adresse pour maman. Quel type de père est il pour agir ainsi ?

 

(La scène s'éteint)

****

 

Scène 4

 

(Nicolas positionné comme à la fin de la scène précédente. Lorenzo entre par la porte du fond avec un comportement joyeux).

 

Lorenzo (S'étonnant d'apercevoir Nicolas) : Nicolas ! Mais que fais tu encore là à cette heure ci ?

 

Nicolas : Tu me trouves tel que tu m'a laissé il y a de cela plusieurs heures.

 

Lorenzo (se rapprochant de Nicolas) : Tu es resté a te meurtrir par la réflexion et les souvenirs n'est ce pas ?

 

Nicolas : C'est exact ! Mais si le calme a conquis mes paroles, elle n'en contiennent pas moins de la haine envers toi.

 

Lorenzo : Et puis je connaître la lumière qui a calmé tes paroles ?

 

Nicolas : J'ai encore une fois élevé mes yeux vers le ciel pour m'en remettre à Dieu. Je suis certains que maman y est sauvée de ton adultère. Je suis aussi certains que tu seras puni de ta corruption.

 

Lorenzo : Et où est l'enfant pensant par lui même que je croyais avoir formé ? Tu as besoin de t'en remettre à un soit disant Dieu. Tu réfléchis à présent au sein d'un groupe par le biais de la culture acquise.

 

Nicolas : Oui ! Je me souviens que tu n'acceptais pas tellement cela même si tu me l'autorisais. (Il se lève et fait quelque pas).

 

Lorenzo : Nicolas ! Je t'observais souvent dans ta tendre enfance, épris entre la flamme de tes désirs et le froid de ceux qui t'entouraient. Tu étais emporté dans une danse dont le respect d'autrui te faisait violence et te ramenait dans le calme et la quiétude. T'ayant poussé vers la chaleur, vers tes ambitions pour ton avenir, je ne peux comprendre le jeune homme qui est aujourd'hui face à moi.

 

Nicolas (Se retournant face à son Père) : Mais aujourd'hui papa, ne vois tu pas que ton fils a atteint l'âge de la raison et qu'il s'est forgé sa propre opinion ? Je constate les faits passés et non les ambitions du futur. Tu es un homme qui as pris selon sa situation et ses désirs. Ton argent et ton charme ont été tes moyens aux dépends de cette maison. Regarde ! Ton orgueil d'économe n'a pas embelli cette demeure. Les différentes vies que tu mènes n'ont pas d'intentions saines d'esprit, et la société que tu détestes appelle cela du libertinage. Tu es un homme qui n'a jamais été au pied du mur, se demandant comment il allait l'abattre. Tu ne cesses de contourner l'obstacle qui te fait face. Non ! Tu n'as guéri aucune blessure en moi. Tu as juste pansé quelque plaies pour qu'elles ne saignent plus. Pourtant un jour, je te le promets, les infections seront là.

 

Lorenzo : Tes paroles me font peine. Ne perçois tu pas le cris agonisant que je t'envoie et qui s'écrase toujours contre la raison de la société, espérant atteindre ce feu de tes possibilités ? Peut-être est ce la fatigue qui entraîne mon incompréhension. (Il se lève et se dirige côté cour). Je te propose donc de méditer sur ce que je t'ai dit seulement après une bonne nuit de sommeil. Je te souhaite un bon repos. (Il sort côté cour)

 

Nicolas : Et voilà ! Il m'abandonne une nouvelle fois à mon désarroi. De toute évidence, cet inconnu préfère fournir son énergie à ses conquêtes amoureuses plutôt qu'au fils dont il a la charge. De plus, il me demande de méditer sur ses paroles alors qu'il est incapables d'assurer la réciprocité. Je suis certains qu'il n'a pas perçu le paroxysme de ma souffrance. (Il sort côté jardin)

 

****

 

Scène 5

(La porte s'ouvre dans le fond de la scène)

 

Lorenzo : Entrez Très Chère ! Vous êtes ici chez vous.

 

Laure (Entrant) : Votre galanterie maintient votre sympathie habituelle. Quel magnifique logement !

 

Lorenzo (Entrant le second) : Sa beauté vient du diamant que vous êtes à vous seule. (Il l'enlace puis la fait tournoyer jusqu'au canapé). Je vous en prie, prenez place pendant que je vous sers un rafraîchissement. (Il s'apprête à se diriger vers le meuble mais elle le retient).

 

Laure : Non ! Attendons d'être vraiment essoufflés avant de nous fondre dans le confort. (Ils s'assoient) Qu'est ce ? Oh ! Je vois que vous aimez également les échecs. Nous avons ainsi un nouveau point en commun parmi cette multitude de ressemblances qui nous unit.

 

Lorenzo : Connaissez vous la légende à propos de ce jeu ?

 

Laure : Non mais je demande que votre douce voix me la conte.

 

Lorenzo : On dit que les deux couleurs représentées sur ce champ de bataille (Il montre l'échiquier) représentent deux armées ennemies. Lorsque le roi de l'une d'elle est piégé par la ruse de son adversaire, il est abattu et l'autre s'empare de son royaume.

 

Laure : Oh Lorenzo ! Votre douce voix berce mon cœur à chaque paroles prononcées par votre bouche.

 

Lorenzo : Belle ! Vous êtes la plus extraordinaire de toute. Belle ! Vous êtes la Esméralda de mon cœur. Laissez glisser mes doigts dans vos cheveux. Votre lumière me fait découvrir l'amour que j'attendais. (Il s'embrassent).

 

Nicolas (Entrant sur scène ) : Ah je vois... Je vois ce que tu fais lorsque je ne suis pas là !

 

Lorenzo : Nicolas écoute...

 

Nicolas : Non, toi écoute !

 

Laure : Lorenzo, qui est ce ?...

 

Lorenzo : Mon fils !

 

Laure (Étonnée et gênée) : Tu as un fils ?

 

Nicolas : Oh... Mais rassurez vous madame, vous n'êtes pas la première femme que cet homme, qui se dit être mon père, invite ici. Oh non, vous n'êtes pas la première, et loin de là.

 

Lorenzo : Mais comment... Comment oses tu dire cela ?

 

Nicolas : J'en ai assez de trouver chaque soir ces verres que tu laisses traîner sur la table, ces traces de rouge à lèvres sur ces récipients, assez de ces soirées où tu n'étais pas là. Ton inattention envers moi montre ton oubli à mon égard.

 

Laure ( outrée) : Ton fils ! Tu ne m'avais pas dit que tu avais un fils.

 

Lorenzo : Je te jure que je voulais te le dire.

 

Laure : Quand ? Demain ?! Lorsque tu auras apaisé tes fantasmes de mâle et que tu m'avoueras qu'entre nous c'est impossible. Puis tu inviteras une autre de tes conquêtes à laquelle tu joueras le même numéro. C'est ainsi que tu fais, n'est ce pas ?

 

Lorenzo : Mais non ! Je cherche simplement à refaire ma vie et mon fils le sait. D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi il a attendu un moment comme celui ci pour me faire une scène.

 

Nicolas : Parce qu'aujourd'hui je craque de ton manque d'écoute à mon égard. De plus, je ne veux plus que tu manques de respect envers ma mère (Il frappe sa poitrine de son poing). Non, je n'en

 

peux plus. Laissez moi vous dire madame que cet homme, qui vous aime en ce jour, n'est jamais allé à l'église adresser une prière à sa défunte femme avec qui il a eu un enfant ; enfant qui est face à vous aujourd'hui.

 

Laure : Cela suffit, je m'en vais. (Elle sort par la porte du fond)

 

Lorenzo : Mais...

 

Nicolas : Non ne la retiens pas ! Nous avons encore beaucoup de choses à régler.

 

Lorenzo (D'une voix douce) : Ça y est ! La fleur n'est plus. Elle s'est fanée sous la malfaisance de tes paroles. Te rends tu compte que la disgrâce de ces révélations va nuire à ma réputation ?

 

Nicolas : Ta réputation ?! Tu t'inquiètes de ta renommée alors que tu manques de respect envers les femmes que tu côtoies et envers ton fils qui souffre pour sa mère ?!

 

Lorenzo : Mon cher fils ! J'ignorai que ton cœur saignait encore.

 

Nicolas : C'est normal ! Tu es toujours en compagnie de tes courtisanes. T'es jamais avec moi ! Oh, Il est loin ce temps où tu m'enseignais les théories de la vertu. Jamais non jamais je ne t'ai vu les appliquer : Fondu dans la corruption, perdu dans tes fantasmes, tes mensonges pour combattre la réalité.

 

Lorenzo : Mon Dieu ! L' hémorragie dont souffre ton cœur est bien plus profonde que je ne le pensais.

 

Nicolas ( d'un ton sec) : Arrêtes !... Arrêtes de parler ainsi ! Tu ne m'écoutes toujours pas ! La vie serait bien plus facile à supporter si tu agissais d'une manière plus conventionnelle. J'ai tant de choses à te reprocher que je ne sais même pas par quoi commencer. (Perdu, il éclate en sanglots)

 

Lorenzo : Assied toi mon fils, nous allons parler. (Ils s'assoient) Écoute ! L'histoire de ta mère est désormais écrite. Son livre est fermé depuis l'instant où l'on a enseveli son corps sous terre. Un avenir nouveau s'ouvre maintenant devant nous. Nous devons l'aborder sous un nouveau jour, nous investir autrement.

 

Nicolas : Mon dieu ! Tu es ignoble. Une âme disparue ne se remplace pas tel un objet hors d'usage. Une âme se respecte, même après sa disparition.

 

Lorenzo : Qui te parle de manque de respect ? Je t'explique le sens de la continuité de l'histoire. Il faut assurer celle-ci dans le meilleur des mondes.

 

Nicolas (Durcissant sa voix et se relevant) : C'est bien a toi d'essayer d'assurer l'avenir du monde ; toi qui as toujours rejetés les règles établies par nos aînés. Tu m'as toujours écarté de la religion, de l'enseignement d'un système politique. De plus, tu n'es jamais allé voter en te justifiant par ton refus de te faire représenter, croyant que ta seule personne suffit à cela. Alors non ! Non ce n'est pas à toi maintenant de me parler de l'avenir.

 

Lorenzo ( Se relevant) : Tout ce que tu dis est vrai, mais faussement interprété. Je refuse la religion et la politique car ce sont de bons moyens pour former des groupes et désunir les hommes.

 

Nicolas : Refuser leurs systèmes est un moyen de t'éloigner d'eux.

 

Lorenzo : Au contraire, c'est un moyen de rester neutre, de ne pas participer à leur désunion. Allons, je pardonne ton incompréhension. Un enfant doit apprendre la vie. C'est à nous adulte de vous montrer l'exemple.

 

Nicolas : Quel exemple représentes-tu par ton manque de fidélité. En te voyant agir ainsi, n'importe qui verrait que tu considères les femmes comme de vulgaire marchandises. Non ! Tu ne cherches pas un amour véritable, seulement de quoi combler tes pulsions sexuelles, seulement de quoi remplacer une passion envers laquelle tu as été infidèle. Elle t'a glissé entre les doigts, et en te punissant, Dieu m'a puni injustement.

 

Lorenzo : Mais quel dieu vénères-tu ? Et d'ailleurs, le connais-tu ce seigneur qui, à la fois, te soulage et te blesse pour l'éternité ?

 

Nicolas : Ma blessure se refermera le jour où je rejoindrai ma mère. Oh rassure toi ! Jeune enfant que j'étais, je n'ai rien dis de ton adultère et elle est morte l'âme en paix.

 

Lorenzo : La colère te fait dire des choses que tu ne penses pas. Parmi le groupe de personnes dans lequel tu te caches, tu es de ceux qui s'expriment pour parler et non qui parlent pour s'exprimer.

 

Nicolas : Je subis peut être le système de la société, mais ceci dans le respect d'autrui, notion que tu n'as pas.

 

Lorenzo : Ton esprit es si froid !

 

Nicolas : Mon existence est une rivière qui reflète le mépris face à des personnes comme toi.

 

Lorenzo : Tu es jeune et ne peux comprendre le pourquoi...

 

Nicolas (violemment) : Mais que dois je comprendre lorsque je te retrouve soir après soir rentrant de tes nouvelles conquêtes amoureuses ? Je soupçonne que cela soit devenu un jeu pour toi ; un jeu dont tu déplaces les pièces une à une afin de reporter ta souffrance sur autrui. Combien de fois tu m'as dis qu'aucune femme ne valais Maman à tes yeux ?! Et pourtant tu l'as trompée. Je ne peux te comprendre, c'est vrai, mais je devine la raison de mon incompréhension. (Il se dirige vers le fond de la scène)

 

Lorenzo : Ton jugement est brutal. Mais où vas tu ?

 

Nicolas : Cette nuit, je sors jusqu'à une heure tardive et je justifierai le refus d'expliquer mon retard en prétextant, comme toi, de la fatigue. (Il par la porte du fond)

 

Lorenzo ( désemparé) : Oh miséricorde ! Je souffre de son incompréhension face à ma situation. Certes, mes actes non pas toujours été vertueux lors du vivant de ma tendre épouse, mais comment vivre sans tourner la page ? Il est vrai que j'aime mon fils plus fort que tout. Ma souffrance prend naissance à sa peine. Nous avons cela de différent : je prend les faits comme ils sont, il se laisse guider par les interprétations d'autrui. (Il désigne du doigt quelque objets) Voyez, témoins aveugles, l'impasse dans lequel je me trouve. Objets qui êtes là, assistants muets à nos délires quotidiens, que pensez vous de la situation ? Oh bien sûr ! Vous êtes fidèles à votre silence d'objets. (Il saisi le miroir) Par nos paroles, vous connaissez le profond de notre détresse et pas seulement le reflet que représente notre corps. L'expression d'un regard, d'un geste peut être un mensonge, la pensée personnelle est honnête. (Il pose le miroir en disant) Mais les actes cachent si souvent notre pensée... Je me perds entre mon bien être et la bonne conscience vis à vis de mon fils. Comment satisfaire chaque partie ? Je ne peux en condamner une. (Silencieux, il fait quelque pas, l'index à ses lèvres). Je ne sais pas. Je m'en vais solliciter le repos afin de m'éclaircir les idées. (Il sort côté cour)

 

(La scène s'éteint)

 

****

 

 

VERTU OU CORRUPTION

ACTE 1

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